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    Rocketman

    Rocketman : Elton John, juste pour la musique

    01 juin 2019 21:30

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    Mis à part le duel des westerns de la grande époque, il n’y a pas de moment plus inévitable au cinéma que celui qui voit, aux deux tiers d’une biographie filmée, une rockstar simultanément au sommet de sa gloire et au comble de la déchéance physique et morale. Johnny Cash, Ray Charles, Jim Morrison, Freddie Mercury y sont passés. Elton John ne pouvait y couper et Rocketman, malgré ses embardées imaginaires, observe rigoureusement les commandements du biopic : tu susciteras l’envie en peignant le succès, la gloire et l’argent ; tu consoleras les envieux en fixant le prix astronomique de la rançon de la réussite – toxicomanie, solitude…

    Pour briser cette monotonie, le scénario de Lee Hall (auteur de celui de Billy Elliot) fractionne la carrière d’Elton John, commençant par son entrée fracassante dans un établissement de désintoxication. Elle servira de point fixe à un récit saucissonnant les épisodes de l’ascension du musicien, de son enfance malheureuse (papa est indifférent, maman volage) à son accession au statut de superstar planétaire. Ce chemin est jalonné de numéros musicaux parfois charmants, qui recourent au best of du catalogue d’Elton John et Bernie Taupin (son parolier) pour éclairer ce lointain passé. Ses débuts de pianiste de pub, à l’orée des années 1960, se font aux accents de Saturday Night’s Alright for Fighting, sur une chorégraphie qui emprunte allègrement à Bollywood.

    Si seulement cette liberté créative s’était communiquée au dessin des personnages, à la mise en scène de leurs relations… Certes, Rocketman restera comme le premier long-métrage financé et distribué par une major américaine (Paramount) dans lequel on peut voir deux hommes faisant l’amour – en l’occurrence Elton John (Taron Egerton) et John Reid (Richard Madden), le manageur du musicien. Taron Egerton déploie une admirable énergie pour essayer de prêter un peu de son charme à la moins sensuelle des stars de l’histoire du rock’n’roll.

    Mais le mystère d’Elton John réside ailleurs que dans sa sexualité (il fut l’une des premières célébrités planétaires à affirmer ouvertement son homosexualité, en 1976) ou dans sa propension aux addictions. Il se trouve dans l’œuvre extraordinaire qu’il a bâtie en une décennie (les années 1970) avec Bernie Taupin (Jamie Bell). Rocketman doit sa force à ces chansons, qui dès qu’on les entend font oublier la banalité de ce qui les amène.

    Incroyable facilité de l’artiste

    Mais quand le film aborde la collaboration qui a permis à Bernie Taupin de mettre des mots sur l’autoportrait en musique qu’a dessiné Elton John d’album en album (jusqu’à Captain Fantastic and the Brown Dirt Cowboy, en 1975), il ne montre rien d’autre que des scènes célébrant l’incroyable facilité du pianiste et chanteur.

    On se reportera à l’abondante littérature qu’a suscitée la carrière de l’auteur de Goodbye Yellow Brick Road (1973) pour corriger les approximations du scénario, aux enregistrements pour remettre de l’ordre dans la chronologie des chansons. On se livrera à ce travail parce que Rocketman aura donné envie de se replonger dans la musique d’Elton John, ce qui lui vaut, sinon l’absolution, du moins de l’indulgence.

    Source : lemonde.fr

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