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  •  X-Men-Dark Phoenix   : le dilemme d’une héroïne tentée par l’obscurité

     X-Men-Dark Phoenix  

     X-Men-Dark Phoenix   : le dilemme d’une héroïne tentée par l’obscurité

    10 juin 2019 23:00

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    Au sein de l’univers sériel et foisonnant des productions Marvel, la saga des X-Men n’est certainement pas la plus ingrate ni la moins fournie en épisodes de qualité, sachant souvent dépasser le simple abattage du blockbuster, comme ont pu en témoigner les excellents Days of Future Past (2014), de Bryan Singer, et Logan (2017), de James Mangold.

    Tirée d’un comics de Stan Lee et Jack Kirby du début des années 1960, en référence aux luttes des Afro-Américains pour les droits civiques, la série relate les exploits et conflits d’une minorité de mutants ostracisée et divisée en deux factions : les uns recueillis et éduqués dans l’institut de « soft power » du professeur Xavier, les autres réunis sous la bannière séditieuse, radicale et clandestine du vilain Magnéto.

    Involution ténébreuse

    Ce nouveau volet, le douzième en dix-neuf ans, s’attache plus particulièrement à Jean Grey, le premier personnage féminin apparu dans la bande dessinée d’origine, pour développer l’arc tragique de sa transformation en un être obscur – le « Phénix Noir » du titre.

    Alors que les X-Men et le professeur Xavier (James McAvoy), après le volet X-Men : Apocalypse (2016), ont remporté la bataille de l’opinion, les mutants étant désormais célébrés en héros, la troupe part en mission pour intercepter une navette dérivant en orbite et sauver son équipage.

    On perçoit bien quel potentiel critique pouvait résider dans un personnage comme Jean Grey, dont le versant « Dark Phoenix » représente la face saturnienne et nihiliste

    Mais dans l’espace, Jean Grey (Sophie Turner, venue rajeunir le rôle après Famke Janssen) est furtivement traversée par une étrange masse plasmique, issue d’une éruption solaire. De retour sur Terre, quelque chose en elle a changé : possédée par une force incontrôlable, elle ne tarde pas à retourner celle-ci contre ses proches, à les blesser involontairement. Jean s’évade alors de l’institut et tombe sous l’emprise de Lilandra Neramani (Jessica Chastain), une extraterrestre conquérante qui favorise son involution ténébreuse, pour faire d’elle une arme invincible.

    On perçoit bien quel potentiel critique pouvait résider dans un personnage comme Jean, dont le versant « Dark Phoenix » représente la face saturnienne et nihiliste, se retournant contre l’institution, dénonçant les tentations hégémoniques du professeur Xavier, semant le chaos autour d’elle. Ce n’est toutefois pas cette charge anticonformiste, voire contestataire, qu’en retient Simon Kinberg, scénariste et producteur historique de la saga, remplaçant Bryan Singer au poste de réalisateur.

    Thème rébarbatif de l’appartenance

    A cet endroit, le récit se présente surtout comme une énième variation sur le thème rébarbatif de l’appartenance, de l’affiliation : vers quelle famille d’accueil Jean l’orpheline (elle a perdu ses parents dans un accident de voiture) va-t-elle se retourner ? La bande de Xavier, de Magnéto (plaisamment dépeinte comme une communauté d’altermondialistes repentis), ou des vilains extraterrestres ? Le choix entre le bien, le moindre mal et le mal absolu, est tout sauf pléthorique…

    Autant de situations où les installations urbaines virent au grand capharnaüm, comme si le monde n’était plus qu’une chambre d’enfant en désordre

    En dépit de ce scénario balisé et simpliste, le film assure son contingent de scènes spectaculaires et vaut malgré tout pour ses poussées d’illusionnisme forain. Les affrontements entre mutants sont toujours décrits comme des démonstrations de puissance, mais surtout comme la mobilisation d’un univers matériel inanimé, où tout est susceptible d’être subverti en arme. Deux mutants s’affrontent en se disputant le contrôle à distance d’un hélicoptère, une rampe d’escalier en laiton se transforme en lame effilée, une rame de métro est soudainement déviée de sa course, secouant ses passagers comme dans un grand huit…

    Autant de situations où les installations urbaines virent au grand capharnaüm, comme si le monde n’était plus qu’une chambre d’enfant en désordre. Façon ludique de rappeler que ces grosses productions apparemment formatées n’en sont pas moins de véritables laboratoires d’expériences visuelles, vouées parfois à remodeler la plastique des corps (les formes diverses des mutants) et leurs interactions possibles avec le monde environnant.

    Source : lemonde.fr

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