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    Afghanistan : au moins vingt personnes tuées dans l’attaque d’une prison par des combattants de l’EI

    03 août 2020 23:00

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    Au moins vingt personnes, dont des civils et des prisonniers, ont péri dans l’attaque – toujours en cours – d’une prison dans l’est de l’Afghanistan par des combattants du groupe djihadiste Etat islamique (EI), ont annoncé, lundi 3 août, les autorités locales.

    Ces combattants ont lancé, dimanche, cette attaque d’envergure contre une prison de Jalalabad, où sont détenus de nombreux talibans et membres de l’EI, aux dernières heures de trois jours d’une trêve globalement respectée entre les talibans et les forces afghanes, sur fond d’espoir de pourparlers de paix.

    La fusillade avec les forces de sécurité a fait vingt morts, selon Zaher Adel, porte-parole de l’hôpital provincial. Le bilan est amené à s’alourdir, quarante blessés se trouvent, en effet, dans un état grave, a-t-il indiqué. Parmi les victimes figurent des prisonniers, mais aussi des civils, des gardes et des membres des forces de sécurité afghanes.

    Des prisonniers évadés, certains ont été repris

    Après avoir fait exploser un véhicule, des hommes armés ont pris d’assaut la prison de Jalalabad dimanche soir. Lundi, les combats entre les forces afghanes et les assaillants de l’EI se poursuivaient. De nombreux véhicules blindés et membres des forces de sécurité étaient déployés dans la zone, a constaté un journaliste de l’Agence France-presse (AFP) à proximité de la prison. Des tirs d’armes à feu et des explosions étaient audibles de loin. « Les assaillants sont toujours à l’intérieur et à l’extérieur de la prison », a déclaré à l’AFP Attaullah Khogyani, porte-parole du gouverneur de la province de Nangarhar, dont Jalalabad est la capitale.

    Environ 700 prisonniers qui avaient réussi à s’échapper au moment de l’assaut ont été rattrapés, a-t-il affirmé. L’établissement pénitentiaire comptait, dimanche, plus de 1 700 détenus, en majorité des combattants talibans et de l’EI, a rapporté à l’AFP une source sécuritaire.

    Dans un communiqué publié par son agence de propagande, Amaq, l’EI a revendiqué l’attaque. Les djihadistes n’étaient pas partie prenante de la trêve entre talibans et forces de sécurité. Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a, lui, nié toute responsabilité de son groupe dans cette opération. « Nos moudjahidine ne sont pas encore autorisés à mener des attaques », a-t-il assuré à l’AFP, à quelques heures de la fin de la trêve de trois jours, décrétée jusqu’à dimanche à minuit (21 h 30 à Paris) à l’occasion des festivités musulmanes de l’Aïd al-Adha.

    Une trêve qui faisait espérer une relance des pourparlers

    Même revendiquée par l’EI, cette attaque sanglante a, de fait, interrompu trois jours de calme relatif à travers le pays, les autorités n’ayant fait état d’aucun heurt majeur depuis le début de la trêve, vendredi, troisième pause seulement en vingt ans de combats entre talibans et forces afghanes.

    « Cet Aïd semble différent, les parcs sont remplis de gens (…), vous oubliez presque qu’il y a une guerre dans ce pays depuis quarante ans », avait expliqué, dimanche, à l’AFP Shahpoor Shadab, un habitant de Jalalabad, la grande ville de l’est du pays.

    Avant l’attaque, Sediq Sediqqi, porte-parole du président afghan Ashraf Ghani, avait émis le vœu d’une prolongation du cessez-le-feu au-delà de dimanche. « Nous espérons que les talibans ne vont pas reprendre les violences » après la fin de la trêve, avait-il déclaré. Le respect de la trêve avait fait espérer une avancée dans le timide processus de paix récemment entamé. Le président Ghani et les insurgés ont laissé entendre que des pourparlers, sans cesse repoussés entre gouvernement et talibans, pourraient commencer après l’Aïd.

     

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