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    AstraZeneca inquiète l'Europe, soumise à une forte pression hospitalière

    15 mars 2021 20:30

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    Alors que le vaccin AstraZeneca suscite de l'inquiétude en Europe, l'Italie entame un nouveau confinement ce lundi. En France, les transferts de patients hospitalisés en Île-de-France s'intensifient.

    L'Italie, qui vient de dépasser les 100 000 morts du Covid-19, est aux trois quarts confinée à partir de lundi, dans une Union européenne à la traîne sur les vaccinations et où le vaccin d'AstraZeneca multiplie les déboires.

    Les Italiens concernés par les nouvelles mesures seront confinés jusqu'au 6 avril, ce qui inclut les fêtes de Pâques. Ecoles, restaurants, magasins et musées seront fermés dans la majeure partie du pays, classée en zone rouge contre le Covid-19. Le pays table sur une amélioration "dans la seconde moitié du printemps", selon son ministre de la Santé Roberto Speranza. La péninsule avait été il y a un an la première nation touchée en Europe et avait imposé un premier confinement au nord, étendu ensuite à tout le territoire.

    Évacuations sanitaires en France
    Si le nombre de malades hospitalisés en France s'est stabilisé (autour de 25 000), la pression sur le système sanitaire reste importante, avec une hausse continue des patients en réanimation : plus de 4 100 désormais, dont plus du quart (1 100) en Ile-de-France.

    Dans la région capitale, "la situation est inquiétante et on ne s'en cache pas", a relevé le Premier ministre Jean Castex, invité en direct sur le réseau Twitch par le journaliste de France Télévisions Samuel Etienne.

    Mais il a une fois de plus martelé que si un confinement "n'est pas exclu", "il faut qu'on utilise toutes les armes à notre disposition pour l'éviter". Car, à l'approche de la date anniversaire du premier confinement national, les Français "en ont marre", a souligné le chef du gouvernement.


    Face au risque de saturation en Ile-de-France, l'exécutif veut accélérer les évacuations sanitaires. Après trois personnes samedi et trois dimanche, six par jour seront évacuées par voie aérienne à partir de lundi, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, depuis le tarmac de l'aéroport d'Orly d'où un avion sanitaire partait vers Bordeaux.

    Et une "opération plus massive" sera organisée en fin de semaine par TGV médicalisés, a-t-il ajouté, estimant à une centaine au total le nombre d'évacuations sanitaires depuis l'Ile-de-France la semaine prochaine, principalement vers les Pays de la Loire, la Nouvelle Aquitaine et l'Occitanie.

    Cette opération "chardons" s'ajoutera aux 175 transferts effectués en France depuis fin janvier, pour un total de 1 000 depuis le début de l'épidémie, a précisé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon sur BFMTV.

    AstraZeneca dans la tourmente
    L'UE reste à la traîne des Etats-Unis, d'Israël et du Royaume-Uni pour les vaccinations. Et la situation est actuellement marquée par les déconvenues d'un des sérums, celui du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca, du fait d'inquiétudes sur de possibles effets secondaires ainsi que de retards de livraison.

    Le gouvernement néerlandais a décidé dimanche d'en suspendre l'utilisation par précaution, jusqu'au 28 mars inclus, après que des "effets secondaires possibles" ont été rapportés au Danemark et en Norvège avec le vaccin AstraZeneca, sans lien avéré à ce stade, selon le ministère de la Santé.

    Plus tôt dans la journée, l'Irlande avait pris la même décision après le signalement en Norvège de quatre nouveaux cas graves de caillots sanguins chez des adultes vaccinés.

    Suspensions et retards
    La Norvège, qui a signalé samedi également des hémorragies cutanées chez des jeunes vaccinés, avait suspendu le vaccin la semaine dernière, comme le Danemark, l'Islande et la Bulgarie. La Thaïlande comme la République du Congo ont pour leur part reporté leurs campagnes de vaccination.

    Après une brève suspension dimanche des vaccinations AstraZeneca, suite au décès d'un enseignant vacciné la veille, la région italienne du Piémont (nord-ouest) a décidé de les reprendre, excluant toutefois par précaution un lot de vaccins du laboratoire anglo-suédois.

    Dans un communiqué dimanche, AstraZeneca a indiqué qu'un "examen attentif de toutes les données de sécurité disponibles sur plus de 17 millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne et au Royaume-Uni" avec son vaccin "n'a apporté aucune preuve d'un risque accru d'embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde (TVP) ou de thrombocytopénie dans aucun groupe d'âge, de genre, de lot ou de pays particulier".

    Dans l'UE et au Royaume-Uni, des TVP et des embolies pulmonaires ont certes été rapportées chez les personnes vaccinées, mais "beaucoup moins que cela ne surviendrait naturellement dans une population générale de cette taille et similaire", a souligné le laboratoire.

    Vendredi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait assuré qu'il n'y avait "pas de raison de ne pas utiliser" ce vaccin.

    Le vaccin "reste sûr"
    L'Agence européenne des médicaments (AEM) a toutefois estimé qu'un lien de causalité était "probable" dans au moins certains des "41 rapports d'anaphylaxie possible observés parmi environ 5 millions de vaccinations au Royaume-Uni". Elle fait valoir que des allergies sévères devraient être ajoutées à la liste des effets secondaires possibles du vaccin mais que celui-ci restait sûr.

    Pour AstraZeneca, ces déconvenues s'ajoutent à la nouvelle baisse de ses livraisons à l'UE d'ici juin que le laboratoire a été contraint d'annoncer en invoquant des problèmes d'exportations.

    Le groupe voit sa responsabilité "engagée", avec "seulement 25% des doses livrées" à la fin du premier trimestre, a estimé dimanche la ministre française déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher. Le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton a jugé l'annonce d'AstraZeneca "inacceptable (...), ou en tout cas incompréhensible".

    Expliquant que l'UE prévoit l'entrée en service avant juin d'un certificat sanitaire ("passeport vert") pour faciliter les voyages en son sein, M. Breton s'est toutefois voulu rassurant sur le programme de vaccination européen : "Ce n'est pas parce qu'on a du retard sur AstraZeneca qu'on sera en retard sur notre programme de vaccination du premier trimestre".

    La Commission, qui a négocié les contrats de vaccins au nom de ses 27 de l'UE, table sur une montée en puissance au deuxième trimestre et vise 70% d'Européens vaccinés d'ici la fin de l'été.

    Aux Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie de coronavirus avec 534 275 décès, 68,9 millions de personnes ont reçu au moins une dose, et 36,9 millions étaient entièrement vaccinées, soit 11,1% de la population du pays, selon les données publiées samedi par les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays).

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