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  • Journée mondiale : Ces femmes du numérique qui ont changé le cours de l'histoire

    Journée mondiale

    Journée mondiale : Ces femmes du numérique qui ont changé le cours de l'histoire

    08 mars 2018 18:00

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    Elles représentaient ainsi 30 à 50% des effectifs du secteur dans les années 1950 puis dans les années 1980 en étant près de 37% à étudier les sciences de l'informatique. La décennie où l'informatique grand public et le jeu vidéo ont explosé a pourtant marqué leur mise à l'écart progressive du secteur et son histoire. Beaucoup de celles qui ont marqué à tout jamais l'histoire du logiciel ont été écartées des manuels d'histoires, et l'image du milieu a progressivement mis davantage en valeur un univers masculin, voire franchement sexiste

    Margaret Hamilton, dont le programme informatique a fait marcher l'homme sur la lune

    L'homme n'aurait jamais marché sur la lune sans… une femme. Et son code informatique, qualifié par les experts de la mission de «si bon» qu'on lui doit le succès de la mission Apollo 11. Elle avait ainsi anticipé certaines pannes des composants électroniques du vaisseau et fait en sorte que sa commande reste fonctionnelle lors de la phase d'alunissage, sauvant ainsi la mission. À l'époque, la partie de développement logiciel (software) était souvent reléguée aux femmes car jugée moins importante.

     «Quand j'ai commencé à parler d' «ingénierie logicielle» [ou software, un domaine dans lequel elle s'est ensuite spécialisée], l'expression faisait souvent sourire. C'était même une blague courante. Mes collègues aimaient me chambrer pour mes idées «radicales». Le développement logiciel a finalement et inévitablement acquis ses lettres de noblesse, au même titre que la partie composant électronique (hardware)». Aujourd'hui âgée de 80 ans, Margaret Hamilton est toujours à la tête de son entreprise de software. En 2003, la NASA la décore de l'Exceptionnal Space Act Award.

    En février dernier, cette ingénieure diplômée de Stanford publie sur son blog un article sur une année «très, très étrange à Uber». Elle y évoque les avances et les abus dont elle a été victime comme beaucoup d'autres dans la société. Elle dénonce le laisser-faire des ressources humaines à qui elle a fait appel et l'impunité de ses agresseurs.

    Son blog et les investigations de journalistes qui ont suivi, ont révélé, au sein de la Silicon Valley, une mentalité de collégiens flirtant avec la misogynie. «Accros du risque, agressifs en affaires, agressifs à l'égard des femmes qu'ils traitent de mauvaises programmeuses, beaucoup de génies de l'informatique se montrent aussi impatients de relever leurs défis technologiques que d'assouvir leurs besoins matériels et sexuels» expliquait à ce sujet le correspondant à Washington du Figaro Pierre-Yves Dugua. Pour avoir brisé le silence, Susan Fowler a été nommée «personne de l'année» par Time Magazine en 2017.

    Dorothy du Boisson, manipulant le Colossus

    Dorothy du Boisson, qui a permis de réduire la durée de la Seconde guerre mondiale de deux ans

    À une époque où les hommes combattaient sur le front et estimaient que l'informatique n'était qu'un travail de secrétaire, elles sont des centaines à s'être familiarisées avec les premiers supercalculateurs pour craquer les codes secrets des nazis. Dorothy du Buisson peut se targuer d'avoir été l'une des seules à avoir maîtrisé le Colossus, l'une des plus complexes machines de déchiffrement - et ancêtre des ordinateurs. Le travail de cette Anglaise a directement contribué à la décision d'Eisenhower de programmer le débarquement. Celui-ci a déclaré plus tard que sans ce travail, la guerre aurait duré au moins deux ans de plus. Son neveu Richard Du Boisson, 62 ans, qui vit maintenant dans le sud de la France, a déclaré qu'«elle était si modeste quant à ses réalisations qu'aucun de nous ne savait ce qu'elle avait accompli. Dorothy du Boisson est morte à 93 ans.

    Dans le même registre : Joan Clarke (mathématicienne qui a travaillé avec Alan Turing sur le projet Enigma), les six Eniac Girls (qui ont programmé le premier superordinateur et ont appris à coder de zéro, dont l'apport a été déterminant dans l'histoire de l'informatique civile)

    Hedy Lamarr, l'étoile d'Hollywood qui inventa les bases du Wi-Fi

    Comme les chats, Hedy Lamarr a connu au moins neuf vies. Icône du cinéma, elle est l'une des premières actrices à jouer un orgasme dans un film grand public. Fuyant son époux nazi, elle quitte le vieux monde pour Hollywood où elle rencontre le compositeur George Antheil, avec qui elle réfléchit à une nouvelle technique de transmission radio utile dans le secteur de l'armement.

    «Ils mettent au point une technique dite d'étalement de spectre qui émet l'information non pas sur une, mais quatre-vingt-huit fréquences, le nombre de touches du clavier d'un piano, comme l'explique le Temps, qui sera déposé au Bureau des brevets en 1942. Cette technique de «zapping» radio est à l'origine du Wi-Fi et du GPS.

    Jeune fille timide à l'imagination débordante, Roberta Williams est connue pour être à l'origine du jeu vidéo Mystery House (1979), le premier jeu d'aventure graphique, dont le succès fut tel qu'elle co-créa en 1980 l'entreprise phare du secteur, Sierra On-Line. On lui doit de nombreux autres classiques du jeu d'aventure comme The Wizard and the Princess, les King's Quest, Time Zone ou encore Black Cauldron et Dark Crystal. Le média spécialisé en technologies Ars Technica a déclaré que Roberta Williams était «l'une des figures les plus emblématiques et influentes du jeu d'aventure».

    Stéphanie «Steve» Shirley, l'une des premières chefs d'entreprises technologiques

    Stéphanie Shirley a eu une vie romanesque, qu'elle raconte d'ailleurs dans une autobiographie riche en rebondissements, Let it go. Née en Allemagne d'un père juif, elle fuit le nazisme avec sa sœur à l'âge de cinq ans en Angleterre et grandit dans une famille d‘adoption galloise. Alors que les mathématiques ne sont pas enseignées dans son lycée de filles, elle obtient une dérogation pour les étudier dans le lycée de garçons. Sans aller à l'université, elle se spécialise dans le langage machine et fonde en 1962, avec un capital de 6 livres, son entreprise logicielle, depuis intégrée au groupe Sopra Steria. Elle a adopté le nom Steve pour l'aider dans le monde des affaires dominé par les hommes. Au plus haut, son entreprise a été valorisée 150 millions de livres au début des années 1980 et employé 8500 salariés. En janvier 2014, le Conseil des sciences a nommé Stéphanie Shirley parmi les «100 meilleurs scientifiques en exercice» au Royaume-Uni.

    Source : lefigaro.fr

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