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    Comment l’alcool en excès endommage le corps

    23 juin 2019 23:00

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    Certaines pathologies sont directement imputables à l’alcool en excès comme la cirrhose alcoolique ou le syndrome de Korsakoff. Pour d’autres, il reste un facteur de risque. C’est le cas de plusieurs cancers (bouche, pharynx, larynx, œsophage, foie, sein, cancer colorectal) en raison du passage de l’alcool à travers la muqueuse buccale et l’œsophage, puis de façon plus massive, par l’estomac et les intestins. Selon les estimations, il serait responsable de 11 % des cancers des hommes et 4,5 % de ceux des femmes.

    Le foie, première victime

    Le foie est la principale cible de l’alcool, puisque c’est là qu’il s’accumule pour être dégradé. D’après une étude française, seulement 11 % des consommateurs excessifs examinés dans le cadre d’une hospitalisation présentent un foie normal: près de la moitié ont une stéatose (accumulation de lipides dans le sang pouvant évoluer vers la cirrhose), un tiers une cirrhose alcoolique (inflammation grave du foie et destruction progressive de celui-ci) et 9 % une hépatite alcoolique aiguë (mort brutale des cellules du foie).

    Il s’agit de pathologies graves: en cas de cirrhose et/ou d’hépatite alcoolique sévère, l’espérance de vie à cinq ans varie de 20 à 60 %. L’abstinence d’alcool peut améliorer la situation à n’importe quel stade de la maladie, mais plus le stade est avancé, plus les risques de complications et de mortalité sont élevés. La greffe de foie est souvent la seule solution. Environ 200 000 personnes vivent avec une cirrhose en France.

     

    L’alcool est également un gros pourvoyeur de maladies cardio-vasculaires: hypertension artérielle, cardiopathie ischémique. Ces risques s’expliquent par la toxicité de l’alcool. «Il est dégradé en intermédiaires très agressifs pour les protéines et l’ADN. Il entraîne des dommages irréversibles sur les cellules avec lesquelles il entre en contact», clarifie Mickael Naassila, directeur de recherche Inserm et président de la société française d’alcoologie.

    Du foie au cerveau

    Le cerveau est également une cible de choix pour l’alcool, de par sa toxicité, mais aussi du fait de la présence de récepteurs à l’éthanol. «À forte dose, leur activation provoque l’extinction de signaux neuronaux et déprime l’activité cérébrale», explique Mickael Naassila. Plus de la moitié des personnes dépendantes présentent des troubles cognitifs: troubles de l’attention, de la concentration, de la mémoire, de contrôle des mouvements, etc. Ces effets sont lentement réversibles en cas de sevrage. L’alcool modifie également la libération de sérotonine ou encore de dopamine d’où le risque accru de dépression et de dépendance.

    Enfin, la consommation excessive d’alcool est associée à un triplement du risque de démence et à un doublement du risque de maladie d’Alzheimer. Parmi les démences directement imputables à l’alcool, on trouve le syndrome de Korsakoff associé à une carence en thiamine (vitamine B1) dans le cerveau imputable aussi à l’alcool. Cette démence se caractérise par une altération massive et irréversible de la mémoire et par une tendance à fabuler pour compenser les oublis.

     

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