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    Internationale

    Coronavirus: l’Europe devrait rouvrir ses frontières à quatorze pays, mais pas aux Américains, aux Russes ni aux Turcs

    27 juin 2020 20:00

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    La discussion a été très longue à Bruxelles, mais le Comité des représentants permanents (Coreper), qui réunit les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne (UE), est parvenu à se mettre d’accord, dans la soirée de vendredi 26 juin, sur une proposition de réouverture des frontières extérieures à quatorze pays, le 1er juillet. Il s’agit de l’Australie, du Canada, de la Corée du Sud, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, du Rwanda, de la Thaïlande, de l’Uruguay, des trois Etats du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) et des trois Etats des Balkans (Géorgie, Monténégro, Serbie). Comme il fait encore partie de l’UE durant la période de transition, avant le Brexit, le Royaume-Uni est traité comme un Etat membre.

    La liste devait être définitivement établie avant samedi soir, et adoptée avant lundi à la majorité qualifiée. Certaines capitales ont réclamé un délai pour un examen plus approfondi. Elle pourra être révisée à intervalles réguliers, mais en tout état de cause les Etats-Unis, la Russie, Israël, la Turquie ou l’Arabie saoudite en sont actuellement exclus, la situation de la pandémie de Covid-19 y étant jugée plus grave qu’en Europe. La Chine fait figure d’exception : les voyageurs chinois pourraient entrer en Europe, mais à condition que leur pays respecte le principe de réciprocité en autorisant les voyages des Européens en Chine. Ce n’est pas le cas à ce stade, et c’est jugé improbable à court terme.

    Cette décision aura-t-elle des conséquences politiques? Si certaines pressions ont clairement été exercées et si des pays membres avaient d’évidentes difficultés à imaginer le bannissement de certaines nationalités – pour des raisons économiques, stratégiques, voire touristiques – un « engagement fort » a finalement prévalu, affirme une source diplomatique.

    La liste n’est pas totalement contraignante, la gestion des frontières restant une compétence nationale. Les pays membres pourraient donc ne pas s’ouvrir à la totalité des quatorze nationalités retenues, mais ils s’engagent, en revanche, à ne pas accepter les ressortissants d’autres Etats.

    Une prudente approche sanitaire

    Longuement négociée, elle aussi, la série de critères retenus pour accorder, ou non, un droit d’entrée dans l’UE a également fait l’objet d’un accord. Les Vingt-Sept ont privilégié une prudente approche sanitaire. Ils ont pris en compte la situation épidémiologique dans les pays, l’incidence de nouvelles contaminations, la capacité de tests, les règles de prévention en vigueur, etc.

    En retenant la notion de nouvelles infections au cours des quatorze derniers jours, les Européens excluaient de fait le Brésil, la Russie et les Etats-Unis, des pays où cette moyenne est actuellement beaucoup plus élevée que dans les pays de l’UE (16 par 100 000 habitants). Le principe a été admis à Washington, où le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, déclarait, jeudi, que son pays ne voulait « assurément pas causer des problèmes ailleurs ». Il promettait aussi un travail en commun avec les Européens dans les prochaines semaines, « pour bien faire les choses ». Tout en espérant, ajoutait-il, que leurs décisions seraient bien « fondées sur la santé, sur la science ».

     

    La semi-ouverture de l’UE à l’égard de la Chine amènera-t-elle les Etats-Unis à durcir le ton ? « Je n’y vois aucune raison », disait vendredi soir, un haut responsable des institutions à Bruxelles. Il se référait, notamment, aux commentaires d’Anthony Fauci, l’expert des maladies infectieuses qui conseille le gouvernement américain et qui déclarait cette semaine, devant le Congrès, qu’il observait une « hausse inquiétante » du nombre de contaminations dans son pays.

    Bruxelles avait, en tout cas, insisté au cours des derniers jours sur le fait qu’aucun pays ne serait « ciblé », ou, au contraire, favorisé – pour des raisons liées à l’activité touristique par exemple. La Commission avait souligné, dès le 11 juin, la nécessité d’établir des « critères objectifs ». Si la France et la Grèce réclamaient une décision rapide, d’autres (le Danemark, le Portugal, la Suède, la Belgique) jugeaient envisageable de repousser la date du 1er juillet.

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