Radio One Logo
  • Emmanuel Macron tente de peser face au géant chinois

    Internationale

    Emmanuel Macron tente de peser face au géant chinois

    05 nov. 2019 23:00

    22 vues

    Quelques heures avant d’atterrir à Shanghaï, pour sa deuxième visite officielle en Chine, le président de la République a réuni dans son avion les ministres qui l’accompagnent dans son périple de trois jours. «Il nous a exposé ses “objectifs de guerre”», plaisante l’un d’entre eux. Coopération commerciale, signature d’un accord européen sur les indications géographiques protégées (IGP), échanges culturels, climat… Emmanuel Macron passe tout en revue. Sans oublier les sujets sensibles qu’il compte aborder avec le président chinois.

    Il y en a trois principaux. D’abord la levée des embargos sur différentes filières. Ensuite le déploiement de la technologie 5G avec les menaces qu’elle fait peser sur la récolte des données au profit de Pékin. Enfin la question des droits de l’homme avec la révolte toujours en cours à Hong-kong. Trois thèmes dont Emmanuel Macron veut s’entretenir en tête-à-tête avec Xi Jinping lors de leur réunion de mercredi au Grand Palais du peuple de Pékin. Sans faire d’esbroufe. «La Chine, c’est trois choses, expose un ministre de la délégation. La confiance, la durée et pas de coups d’éclat.» Au regard des enjeux commerciaux, c’est même préférable. Encore plus lorsque c’est un «petit pays» comme la France qui entend tenir tête à l’ogre chinois. Mais Emmanuel Macron n’est pas venu seul.

    Pour tenter de peser un peu plus lourd dans les discussions et d’élever le niveau de sa visite à l’échelle européenne, il a emmené la ministre allemande de l’Éducation et de la Recherche, Anja Karliczek, et le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan. Tous trois se sont retrouvés lundi soir à l’hôtel Hyatt de Shanghaï pour une rencontre avec des chefs d’entreprises, grandes comme petites. «Pour moi, c’est important de montrer l’Europe avec un visage uni», raconte Emmanuel Macron. En mars dernier, pour la visite de Xi Jinping en France, il avait convié la chancelière allemande, Angela Merkel, et le patron de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. «Quand l’Europe parle d’une voix commune, on peut obtenir des résultats parce qu’on partage un agenda avec la Chine», explique le chef de l’État. Cela commence à marcher.

    Distorsion de concurrence

    Mercredi, l’accord sur les IGP sera signé à Pékin et 26 appellations françaises seront reconnues par la Chine. Désormais, le champagne, le bordeaux, le cognac, le pauillac, le pomerol, le calvados, les pruneaux d’Agen, le comté ou le roquefort, entre autres, feront figure de marques déposées. «Cet accord est très important car il permet de discuter avec la Chine de tous les sujets comme celui de la contrefaçon, explique-t-on dans l’entourage du président. C’est une base juridique.» Et un premier pas vers une coopération commerciale renforcée entre l’Europe et la Chine. Mais un premier pas seulement. Et un petit.

    Comme l’ont fait remarquer des chefs d’entreprises à Emmanuel Macron, les règles du jeu demeurent largement faussées. «Parfois on pense qu’on va jouer au rugby et on se retrouve à jouer au football sur un terrain dont on ne connaît la taille», résume Jean-Louis Chaussade, président de Suez et coprésident du comité France-Chine. C’est le problème de la distorsion de concurrence. Avec la Chine, cela semble même être la règle. Pour la changer, il faut montrer sa force. C’est ce qu’a fait Donald Trump en déclenchant une guerre commerciale. C’est ce qu’essaye de faire Emmanuel Macron en négociant au niveau européen. «La prochaine fois, ce serait bien de venir avec Angela Merkel», lui fait remarquer le président de la Chambre de commerce franco-chinoise. Car même accompagné d’une ministre allemande et d’un commissaire européen, Emmanuel Macron a l’air un peu seul face à Xi Jinping.

    (Source lefigaro.fr)

Laissez-nous vos commentaires

© 2016 - 2020 Radio ONE - Conçu par Tryangle

  • equalizer
  • ECOUTER
    LE DIRECT