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    Coronavirus : Fermetures des frontières et des écoles en série face à la pandémie

    13 mars 2020 23:00

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    Avec 134.000 personnes contaminées, la pandémie a été qualifiée de "plus grave crise sanitaire depuis un siècle" par le président français Emmanuel Macron, en référence à la grippe espagnole de 1918 qui avait fait 30 millions de morts à travers le monde.

    Elle bouleverse la vie quotidienne de centaines de millions de personnes avec écoles et lieux publics fermés, déplacements limités, frontières closes, événements sportifs et culturels annulés ou reportés.

    "J'ai envoyé un message à un ami: +buvons un verre ensemble avant qu'ils ne nous l'interdisent+!", a témoigné à Madrid Victor Rodriguez, 43 ans, en buvant un vermouth dans un bar populaire, mais qui était quasi-vide.

    L'Espagne, placée vendredi en état d'alerte, a enregistré 120 morts et le maire de sa capitale a recommandé aux bars et restaurants de fermer d'eux-mêmes.

    Preuve que le virus se joue des barrières sociales, la femme du Premier ministre canadien, Sophie Grégoire Trudeau, a été testée jeudi positive au coronavirus et restera donc en quarantaine. Son époux Justin Trudeau, "en bonne santé", sera à l'isolement pendant 14 jours.

    En ordre dispersé

    En dépit des préconisations d'Emmanuel Macron, pour qui les fermetures de frontières doivent être décidées "à l'échelle européenne", plusieurs Etats membres de l'UE n'ont pas voulu attendre.

    La Slovaquie a annoncé la fermeture de ses frontières à tous les étrangers à l'exception des Polonais, très impliqués dans la vie économique locale. La République tchèque va fermer à partir de lundi les siennes, tant aux étrangers voulant entrer dans le pays qu'aux Tchèques voulant le quitter.

    Hors UE, l'Ukraine a aussi annoncé la fermeture de ses frontières. Les vols vers et depuis l'Europe ont été suspendus dans de nombreux pays d'Amérique latine.

    La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a réagi vendredi en rappelant que "les interdictions de voyage générales ne sont pas considérées comme très efficaces par l'Organisation mondiale de la Santé", plaidant en revanche pour des contrôles sanitaires.

    Ces réactions en ordre dispersé, ajoutées aux mesures jugées décevantes des autorités monétaires comme la Banque centrale européenne et à l'interdiction temporaire d'entrée aux Etats-Unis des voyageurs en provenance d'Europe, ont affolé les marchés qui ont connu jeudi un krach historique, frappant de plein fouet les secteurs du transport aérien et du tourisme et faisant redouter une récession mondiale.

    Vendredi, les Bourses européennes ont toutefois fortement rebondi, Milan reprenant 17% en début d'après-midi, une hausse équivalente à l'effondrement de la veille. Paris est en hausse de 8%, Francfort, Londres et Madrid suivant la même trajectoire.

    Vie sociale "réduite au minimum"

    Wall Street a également rebondi vivement à l'ouverture (+5,87% pour le Dow Jones).

    En attendant, l'épidémie continue à progresser, comme en Iran, qui a annoncé vendredi 85 nouveaux décès, le plus lourd bilan en une journée dans ce pays. Les forces armées ont été appelées vendredi "à vider les magasins, les rues et les routes", dans les 24 heures, afin de contenir la propagation du coronavirus qui y a fait 514 morts.

    L'Autriche, puis la Bulgarie, ont annoncé vendredi la fermeture des commerces non essentiels à la vie quotidienne.

    "A partir de lundi, nous devons réduire notre vie sociale au minimum", a déclaré le chancelier autrichien Sebastian Kurz lors d'une conférence de presse.

    En Italie, où les mille morts ont été dépassés, tous les commerces non essentiels, sont déjà fermés.

    La France rejoint la liste des pays dont les écoles vont fermer, de même que la majorité des régions allemandes. Les rassemblements de plus de cent personnes sont interdits. Emmanuel Macron a demandé aux plus de 70 ans de rester chez eux, sans toutefois décider le report du premier tour des élections municipales, dimanche.

    Vers un printemps sans sport

    Les mesures pour faire face à la crise économique provoquée par le coronavirus en France - dont l'indemnisation des salariés en chômage partiel - coûteront des dizaines de milliards de dollars.

    Le gouvernement allemand a lui annoncé vendredi des prêts "sans limite" pour aider les entreprises du pays confrontées à des problèmes de trésorerie en raison de l'épidémie, d'une valeur d'au moins 550 milliards d'euros.

    Des premiers cas de coronavirus ont été enregistrés vendredi en Afrique de l'Est, l'un au Kenya, l'autre en Ethiopie.

    En Chine en revanche, point de départ de l'épidémie, le nombre de nouvelles contaminations a chuté vendredi à huit, chiffre le plus bas depuis le début de la publication des statistiques, mi-janvier.

    La pandémie sème aussi le chaos dans le calendrier sportif, avec notamment la suspension des matchs de football professionnel en Angleterre, Italie, Espagne et France.

    Le Grand Prix d'Australie, qui devait se tenir ce weekend sur le circuit de Melbourne, a été annulé vendredi.

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