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    Procès : Jawad Bendaoud : «Pourquoi je vais mentir ? Je suis fini»

    27 janv. 2018 21:30

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    «C'est fini, je réponds plus. Finish, terminé!», clame Jawad Bendaoud, qui bouillonne dans le box. Le prévenu veut faire valoir son droit au silence face aux avocats de parties civiles «qui font (son) procès à la télé» mais ne parvient ni à s'interrompre, ni à s'asseoir. «Taisez-vous!», dit-il à l'un. «Vous êtes bourré de haine», marmonne-t-il à un autre. «Vous êtes un voleur de mobylette!», lance-t-il à un troisième, en le traitant «d'avocat de merde» et de «vieux monsieur», à qui il propose «entre hommes, de s'expliquer face à face...» Le ton monte, un confrère s'en mêle, l'audience est suspendue.

    A la reprise, Bendaoud s'excuse pour «l'altercation». «Ça fait 14 mois que je suis pas sorti de la cellule, même pas une promenade!» A l'adresse de la présidente, à qui il a dit la veille: «Vous m'impressionnez pas», il enchaîne, plein de bonne volonté: «Tranquille Madame, y'a rien entre nous». Mais voilà que les questions des avocats des parties civiles reprennent, et qu'à chacune, il bondit: «Vous êtes perché sur un arbre, vous, on va avoir du mal à vous faire redescendre!» Ou: «Ah, vous! C'est même pas la peine!»

    Intenable, épuisant et crispant...

    Ainsi va Jawad Bendaoud, logeur de deux des jihadistes des attentats du 13 Novembre, au troisième jour de son procès pour «recel de malfaiteurs terroristes». Si nerveux dans sa veste de survêtement jaune que des veines apparaissent sur son front. Intenable, épuisant et crispant... tant il est attaché à vouloir convaincre en répétant, avec force détails, que «non, (il) ne savait pas» que «ces deux mecs», venu avec la cousine de l'un d'eux, venaient de tuer 130 personnes.» «Sur la tête de mon fils, personne ne m'a rien dit!», jure-t-il en mimant un nouvelle fois la scène où il a accueilli, au soir du 17 novembre, ces singuliers locataires dans son squat de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

     

    «Akrouh (NDLR : membre du commando des terrasses), il s'est assis à gauche. Abaaoud (NDLR : cerveau présumé des attentats) à droite sur les deux matelas. Le mec, il était normal, en mode relaxation! Il a demandé à prendre une douche. Il m'a dit : J'ai passé trois jours de fils de pute à me prendre la tête avec ma femme.» Bendaoud, lui, ne pose qu'une question: «D'où tu viens?» - «De Belgique», lui répond Abaaoud.

     

    «J'ai du respect pour les victimes mais je ne me sens pas coupable.»

    Le soir, «tranquille», le logeur rentre chez lui: «Gros joint», «sandwich escalope-Boursin», «film en streaming». A Me Jean Reinhart, qui vient de lui assurer que «les parents qui pleurent encore leurs enfants ne confondent pas Jawad Bendaoud avec le seul des (dix) terroristes encore en vie», l'intéressé explique qu'il n'a «tilté» que le lendemain matin. «J'ai 40 appels manqués, 50 textos, le premier me dit: »terroristes chez toi-maison«.» Il soupire: «J'ai le ciel qui m'est tombé sur la tête!»»

     

    La veille, son principal co-prévenu a présenté ses excuses aux victimes. Bendaoud explique pourquoi lui ne l'a pas fait : «Mon cerveau, il est rempli de kalachnikovs! J'ai du respect pour les victimes mais je ne me sens pas coupable.» Et d'insister : «Pourquoi je vais mentir! Je suis fini. Je sors, qui va m'embaucher? J'avais pour projet de faire un nouveau point de vente de cocaïne, qui va s'associer?»

    Source : leparisien.com

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