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    Coronavirus : La Chine expulse des journalistes américains

    19 févr. 2020 21:30

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    Pékin accuse trois reporters du Wall Street Journal d’avoir publié un article «raciste» en pleine épidémie. Cette décision marque une nouvelle escalade des tensions avec l’administration de Donald Trump.

    La trêve aura été de courte durée. La Chine et les États-Unis se sont lancés dans une nouvelle escalade des tensions, en pleine crise du coronavirus. Pékin a annoncé mercredi l’expulsion de trois journalistes du Wall Street Journal, accusés d’avoir «calomnié le peuple chinois» en pleine épidémie. Cette mesure drastique sonne comme des représailles, quelques heures après l’annonce par Washington de nouvelles règles encadrant les médias chinois opérant sur le territoire américain, qui seront désormais traités comme des entités diplomatiques.

    Les trois journalistes, dont le chef de bureau adjoint du prestigieux journal new-yorkais doivent quitter le territoire chinois sous cinq jours. C’est une expulsion groupée sans précédent depuis 1998, selon le Club des journalistes étrangers en Chine (FCCC). Le pays de la grande muraille de la censure, qui contrôle étroitement l’information distillée à sa population, s’est même fendu de leçons à Washington en matière de liberté de la presse. En pleine crise sanitaire, le régime joue la carte nationaliste face à l’adversaire américain pour rallier une opinion anxieuse.

    La Chine est le véritable homme malade de l’Asie Le régime communiste justifie sa décision draconienne suite à un article jugé «raciste» signé par universitaire américain et publié récemment dans les pages Opinions du quotidien. «La Chine est le véritable homme malade de l’Asie» proclame le titre de l’essai de Walter Russell, professeur au Bard College, qui pointait les faiblesses notamment économiques de la deuxième puissance mondiale à l’heure de l’éclosion de l’épidémie. L’usage de l’expression «l’homme malade de l’Asie» a suscité «l’indignation du peuple chinois», affirme Gang Shuang, porte-parole du ministère des affaires étrangères, en faisant référence à l’expression remontant à l’époque de la guerre de l’Opium au 19e siècle qui avait ouvert au dépeçage de la Chine impériale par les puissances coloniales occidentales. Une humiliation historique que le président Xi Jinping promet d’effacer définitivement grâce à son «rêve chinois» de renaissance nationaliste. Pékin exige que le Wall Street Journal reconnaisse «la gravité de son erreur» en présentant des «excuses». «Le peuple chinois n’accueille pas les médias qui publient des expressions racistes et des attaques malveillantes contre la Chine» enfonce Gang.

    Surveillance et intimidations

    L’article avait suscité une polémique ces derniers jours dans certains cercles chinois, mais sans entraîner de réactions massives sur les réseaux sociaux. L’annonce des sanctions par le Quotidien du Peuple a en revanche déclenché un torrent de réactions nationalistes survolté sur Weibo. «Excellent! Expulsez-les» lance un internaute sur le Twitter chinois. «Quand il s’agit de lapider quelqu’un déjà tombé dans un puits, les États-Unis ne sont jamais en retard» grogne un autre. En pleine crise épidémique, le Parti a resserré la censure ces derniers jours, multipliant les efforts de «propagande» pour mieux «guider l’opinion publique» selon les directives du secrétaire général Xi Jinping.

    Il s’agit d’une «tentative évidente et extrême d’intimider les journalistes étrangers» a dénoncé le FCCC dans un communiqué. Neuf correspondants ont été déjà de facto expulsés par Pékin depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi en 2013, et plusieurs autres sont réduits à des visas de seulement quelques mois. Les correspondants basés dans le pays subissent «la surveillance et des intimidations croissantes de la part des autorités» dénonce le FCCC. Ces derniers jours, nombreux correspondants, dont celui du Figaro, ont vu leur compte WhatsApp paralysé par une mystérieuse attaque groupée venue s’ajouter à celles, récurrentes portées contre les VPN, ces logiciels indispensables pour contourner la censure.

    Un représentant américain

    La décision chinoise visant les journalistes du Wall Street Journal a été annoncée quelques heures après que les États-Unis ont dévoilé de nouvelles mesures encadrant les médias officiels chinois opérant dans leur pays. L’administration Trump a annoncé mardi qu’elle commencerait à traiter les cinq principaux organes de la presse officielle, dont l’agence Xinhua ou le China Daily de la même manière que les ambassades étrangères, les obligeant à déclarer leurs employés et leurs biens aux États-Unis auprès du département d’État. Un changement de règles justifié par le contrôle croissant sur l’information décrétée par le président Xi. Les médias officiels «sont en fait des armes de l’appareil de propagande du Parti», a justifié un représentant américain.

    Les médias officiels doivent une «loyauté absolue» au Parti a rappelé ouvertement en 2016 le dirigeant le plus autoritaire depuis Mao, qui orchestre une reprise en main idéologique implacable sur le pays le plus peuplé du monde. Les journalistes chinois doivent faire allégeance au régime et sont sommés de façon routinière de remonter les informations au pouvoir dans des rapports distincts de leurs articles publiés, selon les témoignages récoltés par Le Figaro.

    (Source lefigaro.fr)

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