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    Internationale

    La Turquie accuse la France de jouer au « caïd » en Méditerranée orientale

    14 août 2020 21:30

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    A la suite du déploiement de deux avions Rafale et de deux navires de guerre français en signe de soutien à la Grèce, Istanbul rejette sur Athènes et Paris la responsabilité d’une « escalade » en Méditerranée.

    La France se comporte « comme un caïd » et « accentue les tensions » en Méditerranée orientale, c’est l’accusation portée, vendredi 14 août par la Turquie, après le renforcement de la présence militaire française dans cette zone où Ankara et Athènes s’opposent, sur fond de découverte de vastes gisements gaziers.

    « La France, en particulier, devrait cesser de prendre des mesures qui accentuent les tensions. Ils n’obtiendront rien en se comportant comme des caïds », a déclaré vendredi le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, lors d’une conférence de presse avec son homologue suisse à Genève.

    Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Ankara et Paris, qui s’opposent sur la Méditerranée orientale, la Libye et la Syrie. Jeudi, Paris a annoncé le déploiement de deux avions Rafale et de deux navires de guerre en Méditerranée orientale en signe de soutien à la Grèce, qui accuse la Turquie de mener des recherches énergétiques illégales dans ses eaux.

    M. Cavusoglu a affirmé que la Turquie « ne souhaitait pas l’escalade », tout en rejetant la responsabilité des crispations sur Athènes, qu’il a appelé à « agir avec bon sens ». La découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit des pays riverains et renforcé les tensions entre la Turquie et la Grèce, deux pays voisins aux relations régulièrement ponctuées de crises.

    La situation s’est notamment détériorée après le déploiement lundi par Ankara d’un navire de recherche sismique, escorté par des bâtiments militaires, pour effectuer des recherches de gisements dans une zone revendiquée par Athènes.

    Istanbul déplore le « harcèlement » de son navire sismique

    La marine grecque est également présente dans la zone pour « surveiller » les activités turques, selon Athènes. Le gouvernement turc a accusé vendredi les forces grecques d’avoir tenté de « harceler » son navire sismique, prévenant que toute agression ferait l’objet d’une riposte. « Nous ne pouvons pas laisser la moindre attaque sans réponse. Hier, un tel incident est survenu (…). Si cela continue, nous répliquerons », a affirmé vendredi à la presse le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

    Le gouvernement allemand a de son côté « pris acte » vendredi des manœuvres françaises en Grèce et a appelé Paris, Athènes et Ankara à éviter « l’escalade » dans le conflit en Méditerannée orientale autour de l’exploration d’hydrocarbures.

    « Ce qui est important, c’est la désescalade (…). Tout doit être entrepris pour éviter une nouvelle escalade », a déclaré le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert. La veille, Angela Merkel s’était entretenue avec le premier ministre grec et le président turc, dans une tentative de médiation.

    Les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne, qui se réunissent vendredi par vidéoconférence à 15 heures (13 heures GMT), devraient aborder ensemble le sujet turc et afficher leur solidarité avec la Grèce et Chypre face à la Turquie

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