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    Le gouvernement français déploie un nouveau budget en soutien aux secteurs fragilisés

    10 juin 2020 21:30

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    Environ 45 milliards pour soutenir les secteurs les plus fragilisés alors que la récession s'annonce terrible avec une chute du PIB de 11%: le gouvernement a présenté mercredi en conseil des ministres un nouveau budget de crise.

    Il s'agit du troisième projet de loi de finances rectificative (PLFR) élaboré depuis le début de la crise, du jamais vu.

    "La gravité de cette récession appelle une réponse massive, et c'est cette réponse massive, immédiate et efficace que nous avons apportée", a affirmé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'issue du conseil des ministres.

    "L'ensemble des sommes qui sont consacrées à cette réponse à la crise économique représentent, avec ce PLFR 3, 460 milliards d'euros, c'est 20% de la richesse nationale française", a-t-il ajouté.

    Ce projet de budget se concentre essentiellement sur les plans de soutien aux secteurs les plus menacés. Il inclut les 18 milliards d'euros du plan au secteur du tourisme, l'un des plus affectés par le confinement, les 8 milliards d'euros du plan pour l'automobile, les 600 millions pour la French Tech, ou encore les 15 milliards d'euros de soutien au secteur de l'aéronautique et les aides au secteur du livre. S'y ajouteront des mesures en faveur du petit commerce et du bâtiment.

    Pour ce dernier secteur, le gouvernement envisage notamment de compenser les surcoûts engendrés par les mesures sanitaires sur les chantiers.

    Alors que se profilent "une vague de faillites" et des "centaines de milliers" de pertes d'emplois, selon Bruno Le Maire, le gouvernement va renforcer d'environ 5 milliards d'euros le dispositif de chômage partiel et débloquer 1 milliard pour élargir les aides aux entreprises qui embauchent un apprenti.

    "Nous voulons (...) protéger les emplois et accélérer la transformation de secteurs industriels français", a assuré le ministre de l'Economie.

    Avec la reprise de l'activité qui se profile, le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a, lui, appelé dans un entretien aux Echos à accélérer le déconfinement et à "réviser les protocoles sanitaires s'appliquant en entreprise".

    Première ouverture en ce sens: Matignon a annoncé mardi soir son souhait de mettre fin au 10 juillet à l'état d'urgence sanitaire.

    Même si à Bercy on défend une politique de soutien à "l'offre", le budget intégrera aussi des aides exceptionnelles directes pour les 800.000 jeunes précaires de moins de 25 ans et les ménages les plus modestes.

    Enfin, il entérine un soutien de 4,5 milliards d'euros de l'Etat pour les collectivités, au moment où leurs recettes fondent avec la crise.

    Au total toutefois, les dépenses budgétaires directes supplémentaires ne représenteront que 13 milliards d'euros, le reste étant des mesures de trésorerie (reports de charges, prêts garantis, etc.).

    Certains secteurs s'estiment oubliés, comme l'agriculture ou les transports publics.

    L'ONG environnementale Greenpeace regrette elle qu'à côté des plans pour l'automobile ou l'aérien, il y ait "toujours zéro pour la relance du ferroviaire".

    - Récession, déficit et dette records -

    Outre ces plans d'aides, le gouvernement est contraint d'aggraver encore ses prévisions économiques pour cette année. Il table désormais sur une récession de -11%, contre 8% de baisse du PIB anticipée il y a seulement quelques semaines.

    Les difficultés du secteur du tourisme devraient à elles seules amputer le PIB de quasiment un point cette année.

    Conséquence: avec des recettes fiscales qui vont fondre de 27 milliards de plus par rapport à l'estimation déjà en baisse du précédent budget rectifié, le déficit devrait encore s'aggraver à 11,4% du PIB et la dette publique gonfler à 120,9% du PIB, estime le gouvernement.

    "En seulement trois mois, les modifications apportées à la trajectoire macroéconomique et de finances publiques sont massives et elles sont évidemment inédites", a commenté le nouveau président de la Cour des comptes et du Haut conseil des finances publiques (HCFP), Pierre Moscovici.

    Dans son avis sur ce projet de budget, le HCFP s'est inquiété que le gouvernement ait pu sous-évaluer les dépenses prévues pour faire face à la crise, et à l'inverse minimiser la perte de recettes attendues, ce qui pourrait aggraver le déficit.

     

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