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    Le nouvel empereur japonais Naruhito s’est révélé au monde

    22 oct. 2019 20:00

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    Les Japonais ont assisté, mardi 22 octobre, à la proclamation de l’accession au trône de leur nouvel empereur, au cours d’une somptueuse cérémonie. Naruhito, devenu, depuis le 1er mai, le 126e empereur du Japon, a annoncé officiellement son arrivée sur le trône du Chrysanthème, en costume de cour traditionnel, à l’adresse de 2 500 personnalités japonaises et de représentants étrangers. Décryptage de ce rite traditionnel ancré dans les croyances shinto.

    Qu’est-ce que le « Sokui no rei » ?

    Il s’agit de l’ensemble des cérémonies d’accession au trône du nouvel empereur, Naruhito. Parmi celles-ci, la cérémonie d’accession au trône au Hall de l’Etat (Sokuirei Seiden no gi) se tient mardi. Elle fait suite à l’abdication, le 1er mai, de son père, Akihito.

    Elle va réunir, au Palais impérial de Tokyo, les représentants de 194 pays et d’organisations internationales. Parmi les personnalités présentes, le prince Charles d’Angleterre, le vice-président chinois, Wang Qishan, la secrétaire américaine aux transports, Elaine Chao, ou encore l’ancien président français Nicolas Sarkozy.

    Outre ces personnalités étrangères, les représentants des administrations, organes législatifs et grandes entreprises, soit près de 2 500 personnes, vont assister à cette cérémonie dont les rituels, liés au culte shinto, datent du IXe siècle. Au moment de la restauration de Meiji (1868-1912), les éléments de bouddhisme qu’elle incluait ont été gommés, la prééminence du shinto étant affirmée.

    La cérémonie dure trente minutes. Le souverain, Naruhito, et son épouse, l’impératrice Masako, vont revêtir les tenues impériales traditionnelles et s’installer sur leur trône respectif, le takamikura et le michodai, disposés sur des estrades spéciales d’or et de laque.

    L’empereur va lire la déclaration de son accession au trône. Le premier ministre, Shinzo Abe, répondra par un texte de félicitations. Puis trois banzaï (littéralement « dix mille ans de vie ») salueront le nouveau couple souverain, qui quittera ensuite la salle.

    Une parade était prévue dans les rues de la capitale. Mais par respect pour les victimes du typhon Hagibis, qui a fait 80 morts et provoqué d’importants dégâts, le 12 octobre, dans le centre et le nord-est du Japon, elle a été reportée au 10 novembre. Un banquet organisé par Shinzo Abe suivra pour les invités étrangers.

    D’autres cérémonies suivront, notamment, les 14 et 15 novembre, le Daijosai, rite d’offrande de riz nouveau après la cérémonie d’intronisation.

    La totalité des cérémonies devrait coûter près de 30 milliards de yens (247 millions d’euros), un financement qui suscite des critiques, la Constitution prévoyant la séparation du religieux et de l’Etat. « Je me demande s’il est approprié de financer cet événement religieux avec des fonds publics », déclarait, en novembre 2018, au sujet de l’abdication, celui qui est aujourd’hui prince héritier, Akishino.

    Un changement avec le règne précédent ?

    Conformément à ce qu’il disait avant de monter sur le trône, Naruhito reste fidèle aux principes pacifistes de son père. Le 15 août, lors de l’anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, il a repris les mots d’Akihito en parlant des « profonds remords » pour les crimes du Japon militariste.

    Dans le même temps, le style semble plus détendu et plus moderne. « Le couple impérial apparaît encore plus proche du peuple », a ainsi pu observer Hideya Kawanishi, de l’université de Nagoya.

    Avec son épouse, l’impératrice Masako, Naruhito, 59 ans, forme le premier couple impérial parlant plusieurs langues. Les deux n’ont pas hésité à rompre avec le protocole et à parler en anglais avec le président américain Donald Trump et son épouse Melania.

    « Ils sont très à l’aise, surtout elle, d’ailleurs, qui a passé une grande partie de son enfance à l’étranger », note Kenneth Ruoff, directeur du Centre d’études japonaises de l’université de Portland (Etats-Unis) et auteur de Japan’s Imperial House in the Postwar Era, 1945-2019 (Harvard East Asia Monograph, 440 pages, non traduit).

    De même, les inquiétudes entourant l’état de santé de Masako semblent dissipées. L’ancienne diplomate, mariée en 1993 avec Naruhito, a longtemps souffert de dépression, et apparaît plus souriante. « Elle n’aimait pas son rôle de princesse héritière. Là, elle retrouve ce pour quoi elle a été formée, la diplomatie et le service de son pays », analyse le Pr Ruoff.

    La cérémonie s’accompagne d’une amnistie. Pourquoi ?

    C’est une tradition. En marge de cette accession au trône, 550 000 personnes coupables d’infractions diverses, routières notamment, vont bénéficier d’une amnistie.

    Cette pratique remonte à la période de Nara (710-784). Elle montrait que l’empereur savait faire preuve de miséricorde. A la fin du XIXe siècle, son principe a été incorporé à la législation régissant l’institution impériale selon la Constitution Meiji.

    Les amnisties n’ont pas toujours accompagné des événements impériaux. Il y en a eu notamment au moment de l’entrée du Japon aux Nations unies, en 1956, ou de la rétrocession d’Okinawa par les Etats-Unis, en 1972.

    Cette fois, le nombre d’amnistiés est réduit. En 1989, 10 millions de personnes en avaient bénéficié au moment du décès de l’empereur Hirohito (1901-1989), et en 1990, 2,5 millions de personnes avaient été amnistiées pour la montée sur le trône d’Akihito.

    Il y en avait eu aussi une en 1993, à l’occasion du mariage de Naruhito et Masako. Des critiques avaient alors été émises, car certains bénéficiaires étaient des responsables politiques reconnus coupables d’infractions à la loi électorale. Or le gouvernement Abe a choisi d’en amnistier certains, cette fois encore.

    (lemonde.fr)


     

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