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    Le virus va nous accompagner pendant longtemps encore, annonce l’OMS

    23 avril 2020 23:00

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    Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu que la population devrait faire avec le virus Covid-19 pendant très longtemps, alors qu’aux États-Unis, on découvre des cas qui remontent à janvier.

    Le monde est loin d’en avoir fini avec le nouveau coronavirus, qui a fait plus de 177.800 morts, a averti le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mercredi. "Ne vous y trompez pas : nous avons encore un long chemin à parcourir. Ce virus nous accompagnera pendant longtemps", a prévenu Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle depuis le siège de l’agence onusienne à Genève.

    Alors que les manifestations anticonfinement surgissent ça et là, comme aux Etats-Unis et au Brésil, le patron de l’OMS a noté que ces "rassemblements ne feront qu’alimenter l’épidémie" et a appelé les autorités à dialoguer avec les communautés, via notamment des personnalités connues au plan local ou des chefs religieux.

    La pandémie de nouveau coronavirus a fait plus de 180 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine. Les Etats-Unis, qui ont recensé leur premier décès lié au coronavirus fin février, sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, mais l’Europe reste la région la plus touchée, avec près de 113 000 décès.

    "L’un des plus grands dangers auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui est la complaisance" face à la pandémie, a-t-il ajouté, soulignant que "les premiers éléments indiquent que la majeure partie de la population mondiale reste susceptible" d’être infectée.

    Nouvelles critiques américaines

    Son avertissement intervient alors que l’OMS est durement critiquée par les Etats-Unis, qui l’accusent de mal gérer la pandémie. Washington accuse en particulier l’organisation internationale d’avoir tardé à alerter pour ne pas froisser Pékin. "Nous croyons fermement que le Parti communiste chinois n’a pas signalé l’apparition d’un nouveau coronavirus en temps voulu à l’Organisation mondiale de la santé", a encore déclaré mercredi en conférence de presse le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, soulignant que chaque pays doit déclarer dans les 24h à l’OMS toute découverte susceptible de constituer une urgence sanitaire internationale.

    Le patron de l’OMS a pour sa part affirmé mercredi que l’agence avait déclaré l’urgence sanitaire internationale, niveau le plus élevé d’alerte, "au bon moment", le 30 janvier, "lorsque le reste du monde avait suffisament de temps pour se préparer". "Nous avons déclenché le niveau le plus élevé alors que dans le monde il n’y avait que 82 cas confirmés et aucun décès", en dehors de la Chine, a-t-il détaillé, précisant qu’il n’y en avait alors que 10 en Europe dont 5 en France.

    Aux États-Unis dès décembre 2019 ?

    Une déclaration à mettre en rapport avec l’information d’un médecin légiste du comté de Santa Clara, aux États-Unis, qui inclut la Silicon Valley, qui a annoncé mardi soir que trois personnes décédées chez elles les 6 et 17 février et le 6 mars avaient, après autopsies, testé positif pour le coronavirus.

     

    Des autopsies pratiquées en Californie sur des décès suspects remontant à février révèlent que ces personnes ont été infectées par le nouveau coronavirus avant le début officiel de l’épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis.

    Le premier cas confirmé avait été annoncé par les autorités fédérales le 21 janvier, un trentenaire revenu le 15 janvier de la région de Wuhan, en Chine, qui n’avait pas de symptômes graves et avait lui-même contacté un médecin. La découverte, tardive, que des gens ont commencé à mourir début février implique qu’il y avait probablement de nombreux cas sur la côte ouest des Etats-Unis dès janvier, voire début janvier, et que le bilan officiel actuel de 45 000 morts est en dessous de la réalité.

    Puisque plusieurs semaines (de l’ordre de trois à quatre) séparent généralement la contamination de la mort, cela fait remonter au début ou au milieu du mois de janvier ces contagions. Les premiers morts officiels du coronavirus aux Etats-Unis dataient auparavant du 26 février. "Si c’est effectivement le cas, les modèles de l’épidémie aux Etats-Unis vont devoir être ajustés pour prendre en compte cette date de départ avancée", dit le professeur de médecine à Stanford Jay Bhattacharya. "Les modèles vont devoir revoir à la hausse le nombre de cas actuels", dit-il.

    Les responsables californiens s’attendent à trouver d’autres cas anciens de Covid-19. Le responsable du comté de Santa Clara, Jeff Smith, a dit récemment que Sars-Cov-2 était sans doute arrivé en décembre sur ses côtes.

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