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  • Droit à l’avortement : Les Irlandais ont dit « oui » à plus de 68 %

    Droit à l’avortement

    Droit à l’avortement : Les Irlandais ont dit « oui » à plus de 68 %

    26 mai 2018 23:00

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    Rurale ou urbaine, masculine ou féminine, jeune ou âgée : l’Irlande tout entière a plébiscité le droit à l’avortement, ce vendredi 25 mai, lors d’un référendum historique qui rompt avec des siècles de prohibition et confirme spectaculairement la perte d’influence de l’Eglise catholique.

    Plus des deux tiers des 3,3 millions d’électeurs – soit 68 %, selon un sondage effectué pour le quotidien The Irish Times à la sortie des urnes, et même 69,4 % pour la radio-télévision publique RTE – ont voté en faveur de l’abrogation du 8e amendement de la Constitution, qui prohibe de fait tout avortement en protégeant « l’enfant à naître » au nom de son droit à la vie « égal à celui de la mère ».

    Un résultat sans appel

    « Il semble que nous écrivions une page historique », a tweeté le premier ministre de centre-droit Leo Varadkar. « Je m’endors ce soir avec l’espoir de me réveiller dans un pays plus généreux, plus attentionné et plus respectueux », a déclaré pour sa part le ministre de la santé Simon Harris, voix marquante de la campagne du « Yes ». Le résultat définitif du référendum devrait être proclamé officiellement samedi après-midi.

    L’avortement, passible de la prison à vie entre 1861 et 2013, et de quatorze ans de détention depuis, va ainsi être légalisé en Irlande. L’ample victoire du oui propulse l’Irlande, dont la législation est l’une des plus restrictives et répressives d’Europe en matière d’avortement, dans le droit commun de l’Union européenne (UE). Les quelque 5 000 Irlandaises qui, chaque année, sont contraintes, pour avorter, de se rendre au Royaume-Uni à leurs frais, ou de commander sur Internet des pilules abortives à leurs risques et périls, pourront bénéficier d’un accueil médical dans leur pays dès que la loi, promise par le gouvernement Varadkar, aura été approuvée.

    Le projet de loi publié avant le référendum prévoit que l’IVG pourra être pratiquée sans justification pendant les douze premières semaines de grossesse ; jusqu’à vingt-quatre semaines en cas de risque grave pour la santé de la mère ; et ensuite seulement en cas d’anomalie fœtale.

    Le premier ministre irlandais Leo Varadkar dans son bureau de vote, à l’école Scoil Thomas de Dublin, le 25 mai. 

    L’Eglise s’est montrée discrète durant la campagne

    En 1995, les Irlandais n’avaient approuvé la légalisation du divorce que par 50,3 % des voix ; en 2015, ils ont dit oui au mariage homosexuel par 62,07 % et ils viennent donc de légaliser l’avortement par 68 %. Une progression qui reflète la disparition de l’ascendant moral de l’Eglise catholique, qui a longtemps servi d’armature à l’Etat, après les guerres civiles des années 1920, qui ont libéré l’Irlande de la tutelle britannique.

    En 1983, le clergé, encore tout puissant et craignant une jurisprudence libérale de la Cour suprême, avait réussi à faire voter à 66,9 % le 8e amendement à la Constitution qui interdisait l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste, même si le bébé souffrait de malformation. Cadenassée dans la loi suprême, la prohibition devenait impossible à annuler par la loi.

    Un triomphe pour le premier ministre

    La victoire impressionnante du « oui » résulte d’une subtile campagne de la société civile lancée après le scandale provoqué en 2012 par la mort en couches, à l’hôpital de Galway, de Savita Halappanavar, 31 ans, d’une septicémie fulgurante après s’être vu refuser une IVG en dépit d’une rupture précoce de la membrane.

     Source : lemonde.fr

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