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    Inde : Les manifestations contre la loi sur la citoyenneté font deux morts

    20 déc. 2019 23:00

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    La nouvelle loi sur la citoyenneté en Inde ne cesse de déchaîner les passions. Deux personnes sont mortes jeudi lors de mobilisations contre cette loi, au cours desquelles la police a interpellé des centaines de manifestants. Ces décès survenus à Mangalore (sud) lors d’affrontements avec la police portent à huit au moins le nombre de personnes tuées depuis le début des manifestations.

    Le pouvoir aux mains des nationalistes hindous

    Les deux hommes âgés de 23 et 49 ans ont été tués quand la police a ouvert le feu contre une manifestation de 200 personnes environ, a indiqué un responsable local. D’autres manifestants blessés par balles ont été hospitalisés et un couvre-feu a été imposé dans certains secteurs de la ville. Pour contrer cette mobilisation qui dure depuis la semaine dernière, les autorités avaient pourtant prohibé à l’avance tout rassemblement dans de nombreuses grandes villes et régions.

    Ce mouvement de protestation contre une loi jugée discriminatoire pour les musulmans est l’un des plus importants auxquels doivent faire face les nationalistes hindous du Premier ministre Narendra Modi. Cette loi qui facilite l’attribution de la citoyenneté indienne aux réfugiés d’Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh mais pas ceux de confession musulmane, est notamment jugée contraire à la Constitution indienne par ses adversaires. La nouvelle législation ne concerne pas directement les Indiens de confession musulmane mais a cristallisé les peurs et colères de cette minorité après cinq ans de gouvernement des nationalistes hindous.

    Les réseaux mobiles coupés dans la capitale

    Dans la capitale New Delhi, des manifestants ont été embarqués dans des bus de la police après s’être présentés aux points de ralliement prévus pour des cortèges interdits. Les forces de l’ordre ont même été jusqu’à ordonner aux opérateurs de suspendre leurs services de téléphonie mobile en plusieurs endroits de la ville jeudi, une décision exceptionnelle pour la capitale. Les réseaux mobiles ont été rétablis dans l’après-midi, et la vingtaine de stations de métro fermées a rouvert en fin de journée.

    De nouvelles violences ont éclaté en Uttar Pradesh (nord), région la plus peuplée d’Inde avec 200 millions d’habitants et où vit une importante communauté musulmane. Des heurts ont opposé policiers et manifestants à Lucknow, la capitale régionale, et dans le district de Sambhal, à 300 kilomètres de là, conduisant les autorités à couper l’accès à Internet mobile et aux SMS. L’un des plus gros rassemblements signalés jeudi s’est tenu dans la ville de Malegaon au Maharashtra (ouest), État non concerné par l’interdiction de manifester, où jusqu’à 60.000 personnes, selon la police locale, se sont attroupées pacifiquement.

    Plus de 40.000 manifestants à Calcutta

    Dans le nord-est, où le mouvement de contestation a débuté la semaine dernière et entraîné la mort de six personnes, plus de 20.000 personnes se sont assemblées en différents lieux de l’État d’Assam. Dans la capitale économique Bombay, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées en brandissant des affiches de Gandhi et en distribuant des copies de la Constitution. Enfin à Calcutta, la foule était estimée à plus de 40.000 personnes.

    Amnesty International a appelé les autorités indiennes à « cesser la répression des manifestants pacifiques qui protestent contre (une loi) discriminatoire ». L’organisation de défense des droits humains a qualifié d'« impitoyable » l’action des forces de sécurité, accusées par les manifestants de nombreuses violences ces derniers jours.

    (Source 20minutes.fr)

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