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  • Coronavirus : Pourquoi le torchon brûle entre la Chine et les Occidentaux

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    Coronavirus : Pourquoi le torchon brûle entre la Chine et les Occidentaux

    17 avril 2020 23:00

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    Washington, mais aussi Paris et Londres, ont multiplié jeudi les critiques à l'encontre de la Chine. Seule la Russie est montée au créneau pour défendre son allié.

    De Washington à Londres en passant par Paris. La Chine a essuyé jeudi une salve de critiques acerbes, mettant en cause sa gestion de l'épidémie. Une épidémie ayant des zones d'ombres et qui soulève des "questions difficiles", selon les Occidentaux. Montrée du doigt, Pékin a réagi, appelant à l'unité internationale. Le point sur une fronde diplomatique s'orchestrant en parallèle de la crise sanitaire et ses dizaines de milliers de morts.

    Dominic Raab, patron de la diplomatie britannique, a allumé la mèche jeudi. Celui qui remplace Boris Johnson durant sa convalescence a prévenu, la Chine aura à répondre à des "questions difficiles" sur la propagation de l'épidémie. "Il ne fait aucun doute que tout ne peut pas continuer comme si de rien n'était", a lancé le diplomate. 

    "N'ayons pas une espèce de naïveté", estime Macron

    Il a été rejoint dans la soirée par Emmanuel Macron, le président français profitant d'une interview au Financial Times pour tirer à boulets rouges sur Pékin. "N'ayons pas une espèce de naïveté qui consiste à dire que (la gestion de l'épidémie par la Chine, NDLR) c'est beaucoup plus fort. On ne sait pas. Et même, il y a manifestement des choses qui se sont passées qu'on ne sait pas", a estimé celui qui était interrogé sur le fait de savoir si les régimes autoritaires étaient mieux à même de gérer ces crises.

    Emmanuel Macron a souligné, a précisé l'Elysée jeudi soir, que dans les démocraties, qui garantissent la liberté d’information et d’expression, la gestion de la crise était transparente et faisait l’objet de débats, contrairement aux régimes où l’information et l’expression sont contrôlées. Le chef de l'Etat estime qu'il est "faux de dire que les démocraties gèrent moins bien la crise car la transparence, la circulation libre de l’information sont au contraire un atout considérable pour être plus efficaces", a ajouté la présidence de la République.

    Pékin aurait "dissimulé" la gravité de l'épidémie

    Si la salve du duo franco-britannique a surpris les chancelleries, elle ne fait que s'ajouter aux multiples critiques de Donald Trump. Le président avait allumé la mèche dès le début de la propagation de l'épidémie dans son pays, fustigeant dans ses tweets et ses conférences de presse un "virus chinois". Un changement de ton alors qu'en janvier, le milliardaire félicitait la transparence de son homologue et ami, Xi Jinping. 

    Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a emboîté le pas de son président pour dénoncer le manque de transparence des Chinois, voire une opération de "dissimulation" de Pékin pour "cacher" initialement la gravité du virus. "Leurs chiffres semblent un peu sous-estimés, et je suis gentil quand je dis ça", a-t-il notamment déclaré le 2 avril. Il faudra attendre un coup de téléphone entre Donald Trump et son homologue Xi Jingping fin mars pour qu'une trêve soit adoptée dans la guerre des mots entre les deux camps. 

    Mais les tensions persistent : l'administration Trump a (encore) accusé mardi Pékin d'avoir "dissimulé" la gravité de l'épidémie à son début et a gelé la contribution financière américaine au fonctionnement de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), lui reprochant de s'être alignée sur les positions chinoises.

    Esseulée diplomatiquement, la Chine n'a reçu qu'un seul soutien : celui de la Russie. Moscou a en effet fait entendre sa voix jeudi soir, le président russe Vladimir Poutine qualifiant - au cours d'une conversation avec Xi Jinping - de "contreproductives" les accusations visant Pékin. Le patron du Kremlin a d'ailleurs salué au cours de cet appel les "actions cohérentes et efficaces des Chinois, qui ont permis de stabiliser la situation épidémiologique dans le pays", selon un communiqué du Kremlin.

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