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    Camion charnier

    Camion charnier : Trois personnes ont été libérées, le chauffeur inculpé

    27 oct. 2019 18:30

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    Trois personnes, qui avaient été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur le camion charnier retrouvé près de Londres, ont été libérées, a fait savoir la police britannique, dimanche 27 octobre.

    Elles avaient été interpellées vendredi. Parmi elles figure, selon les médias outre-Manche, la dernière propriétaire déclarée du véhicule utilisé pour tracter la remorque frigorifique où les 39 corps ont été découverts mercredi dans une zone industrielle de Grays, et son mari. Ils sont tous deux âgés de 38 ans. Selon les journaux qui avaient questionné le couple avant leur interpellation, ils ont contesté toute implication et affirmé avoir vendu le camion il y a un peu plus d’un an.

    L’autre personne remise en liberté est un homme de 46 ans, arrêté vendredi à l’aéroport londonien de Stansted. Il a été placé sous contrôle judiciaire jusqu’au 13 novembre, et le couple jusqu’au 11 novembre, a précisé la police de l’Essex dans un communiqué.

    Le chauffeur du véhicule, Maurice Robinson, 25 ans et originaire d’Irlande du Nord, a, lui, été mis en examen samedi pour homicides involontaires, trafic d’êtres humains, aide à l’immigration illégale et blanchiment d’argent. Il doit être présenté lundi devant la justice. Une cinquième arrestation a été effectuée à Dublin (Irlande) dans cette affaire, selon la police locale.

    « Quelque chose d’inattendu s’est produit »

    Alors que les premières informations laissaient penser que les 31 hommes et huit femmes retrouvés morts étaient des Chinois, des doutes sont apparus. Au moins deux familles vivant dans le centre du Vietnam ont fait part de leurs craintes que leurs enfants, munis de faux passeports chinois, aient péri dans le camion frigorifique.

    Nguyen Dinh Gia, le père d’un jeune homme de 20 ans, a révélé à l’Agence France-presse (AFP) samedi avoir reçu un appel glaçant il y a quelques jours lui annonçant que son fils était mort en tentant de rejoindre le Royaume-Uni. Un interlocuteur inconnu s’exprimant en vietnamien lui a dit : « J’implore votre pardon, quelque chose d’inattendu s’est produit. » « Je me suis écroulé en entendant ça », a déclaré M. Nguyen. Son fils lui avait fait part il y a deux semaines de son projet de rejoindre la Grande-Bretagne depuis la France, où il vivait illégalement depuis 2018.

    L’AFP a rencontré samedi une autre famille, vivant dans une simple cabane recouverte d’une tôle ondulée à Nghe An, dans le centre du Vietnam. Elle aussi redoute que sa fille soit parmi les victimes retrouvées dans le camion frigorifique. Pham Thi Tra, 26 ans, avait envoyé un message au téléphone à sa mère expliquant qu’elle ne pouvait « plus respirer », qu’elle était « en train de mourir », a raconté son frère.

    « Les criminels prennent de plus en plus de risques »

    Les deux familles sont originaires de la même région de Ha Tinh, une partie très pauvre du Vietnam d’où partent nombre de migrants. Ils cherchent souvent à rejoindre le Royaume-Uni pour travailler dans des bars à ongles ou des fermes illégales de culture de cannabis, dans l’espoir de gagner de l’argent rapidement. Beaucoup passent par la Russie ou par la Chine, avec de faux papiers et ce périple peut leur coûter jusqu’à l’équivalent de 36 000 euros, une fortune au Vietnam où le revenu moyen ne dépasse pas 2 000 euros par an, selon la Banque mondiale.

    « Il est clair que des criminels, car il est bien question de criminels, de meurtriers, prennent de plus en plus de risques avec ces personnes vulnérables », a déclaré samedi l’un des responsables de la police britannique, Martin Pasmore. Une association de Vietnamiens vivant outre-Manche, VietHome, a reçu des photos d’une vingtaine de disparus depuis la découverte du camion. Dès mercredi l’association dit avoir reçu des messages les informant de la disparition de personnes âgées de 15 à 45 ans.

    Dans un communiqué samedi, le ministère des affaires étrangères vietnamien a indiqué que son ambassade à Londres travaillait à « accélérer le processus d’identification des victimes ». Le container transportant les migrants était arrivé par ferry au port de Purfleet, dans l’estuaire de la Tamise, en provenance de Zeebruges en Belgique une heure avant que la police se rende sur place, appelée par des secours.

    (Source lemonde.fr)

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