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    Maldives

    Maldives : Une crise très politique

    07 févr. 2018 15:30

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    Après l'instauration lundi de l'état d'urgence, le président du pays, Abdulla Yameen, a ordonné l'arrestation d'un ex-chef de l'Etat et du président de la Cour suprême. Cette dernière est revenue sur sa décision de libérer neuf opposants politiques.

    C'est à l'aube ce mardi, que le président de la Cour suprême a été arrêté par des policiers lourdement armés. Il est officiellement accusé de corruption. Il y a quelques jours, la plus haute instance judiciaire des Maldives avait osé ordonner la libération de 9 prisonniers politiques, estimant qu'ils étaient injustement détenus. Cela a provoqué la colère du président du pays Abdulla Yameen.

    Ce dernier a décrété l'état d'urgence, affirmant que c'était le seul moyen d'enquêter sur des juges soupçonnés de conspiration. Puis il a finalement fait arrêter le président de la Cour suprême.

    Cette instance réduite à 3 membres aujourd'hui a annoncé ce mardi qu'elle revenait sur sa décision de faire libérer les prisonniers politiques. Une décision prise visiblement sous pression. Dans un communiqué, les magistrats expliquent être revenus sur leur décision « à la lumière des inquiétudes soulevées par le président ».

    Abdullah Yameen qui dirige son pays d'une main de fer depuis 5 ans a mis quasiment tous ces opposants en prison ou les a jetés sur le chemin de l'exil. Lundi, il n'a pas hésité à faire arrêter un ancien président rallié à l'opposition et qui n'est autre que son demi-frère.

    « Yameen se sait de plus en plus contesté »

    « M. Yameen voit une menace à la poursuite de son mandat qui, de toute façon, arrivera à son terme dans quelques mois, puisque l’élection présidentielle était prévue avant même cette crise pour le second semestre 2018 », explique le chercheur associé à l’Iris, Olivier Guillard.

    Mais aussi, explique ce spécialiste de l’Asie, « parce qu’il se sait de plus en plus contesté et par l’opinion et par la communauté internationale qui réclame des comptes. C’est l’ONU, c’est l’UE, c’est divers Etats de la région qui demandent l’application de la règle de droit d’une manière un petit peu plus rigoureuse et non pas une gestion patrimoniale fustigeant l’opposition et s’en prenant aux défenseurs des libertés publiques et de la société civile. »

    La décision de la Cour suprême a été perçue comme une menace par le chef de l’Etat, et pour y faire face, Abdullah Yameen a ainsi invoqué « des motifs d’atteinte à la sûreté de l’Etat ». Olivier Guillard rappelle que le président des Maldives est coutumier du fait. « Il y a quelques années, il avait invoqué, pour embastiller l’ancien président Nasheed et une petite douzaine de parlementaires de l’opposition aux motifs d’atteinte à la sûreté de l’Etat et entreprise terroriste. Et aujourd’hui, il crie au coup d’Etat. »

    Une situation qui plonge désormais le pays dans le chaos et l’incertitude. « Il mobilise l’armée et la police pour essayer de préserver ce qui lui reste d’autorité, ce qui nous amène le chaos dans la capitale avec des groupes de populations qui se demandent de quel côté va pencher le destin à nouveau dans l’archipel », analyse le chercheur associé à l’Iris.

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