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    Afrique du Sud

    Afrique du Sud : Une «guerre» contre les femmes

    02 nov. 2019 23:00

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    En Afrique du Sud, parfois, la réalité s’exprime à coups de hashtags sur les réseaux sociaux : #Iam1in3 («je suis une sur trois»), #MenAreTrash («les hommes sont des ordures»), #AmINext («suis-je la prochaine»). Parfois, ce sont les unes des journaux un matin, placardées de la photo d’un visage qui ne sourira plus. Parfois, ce sont des conversations au coin d’une table, dans un bar de Johannesburg, lorsqu’un acte ou un verre de trop délie les langues et exhorte à dévoiler les drames. Cela sort souvent avec des larmes, avec des mots durs, qui semblent hurler même lorsqu’ils sont prononcés à voix basse. C’est là que la réalité explose, crue, avec toute sa violence.

    En Afrique du Sud, les corps de filles et de femmes sont le théâtre d’une épidémie de viols, de féminicides et de brutalité qui semble inarrêtable, qui tue chaque jour, blesse et détruit jusque dans les entrailles des survivantes.

    Thato, Uyinene, Tumi, Yolandi, Reeva, Leighandre...

    Selon Africa Check, une femme est assassinée toutes les trois heures dans le pays. L’année dernière, près de 50 000 agressions sexuelles ont été signalées à la police, l’immense majorité commises sur des femmes. Un chiffre à multiplier au moins par dix pour s’approcher de la réalité. Mais les chiffres ne pourront jamais vraiment mesurer l’horreur. La colère et la peur, elles, la reflètent. La colère engendrée par ce qui a déjà été subi, la peur de ce qui pourrait encore venir, sur le campus universitaire, sur son lieu de travail, dans les transports en commun ou dans sa propre maison.

    Au mois de septembre, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a comparé les violences envers les femmes dans le pays à «une guerre». Si c’est une guerre, elle fait rage devant toutes les portes, elle a déjà fait des millions de victimes, y compris parmi celles qui vous sont les plus proches. Elles s’appellent Thato, Uyinene, Tumi, Yolandi, Reeva, Leighandre… Le mal ne s’est pas arrêté aux barrières érigées par l’apartheid.

    Faible taux de condamnations 

    Au-delà de prendre la pose avec un poster marqué de l’inscription «Enough» («assez»), Cyril Ramaphosa, cependant, n’avait aucune solution concrète à apporter. Pendant quelques mois, la rage retombe, ou se fait juste plus silencieuse, jusqu’au prochain meurtre ou viol. Et l’épidémie se poursuit. Une épidémie de violences, perpétrées par des hommes, quotidiennement, dans tout le pays. Parmi les victimes figurent des femmes, des enfants, et d’autres hommes. Syndrome d’une nation tellement meurtrie qu’elle en est devenue suicidaire, et s'automutile.

    Comment expliquer l’inexplicable ? Beaucoup s’y sont essayés, il y a des moments d’introspection. Violence généralisée et exacerbée par des années d’apartheid, destruction des structures familiales, pauvreté, société patriarcale, faible taux de condamnations qui crée un sentiment d’impunité, frustration, besoin de reprendre le contrôle, de réaffirmer une masculinité fêlée dont on a perdu le sens… en détruisant un autre être humain. Et le traumatisme prend déjà racine dans les générations futures.

    (Source liberation.fr)

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