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    Guide : Cinq pistes pour soulager la migraine

    08 sept. 2018 20:00

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    On ne guérit pas de la migraine. Mais on peut la soulager. L’arrivée d’un nouveau traitement de fond est ainsi particulièrement scrutée. En attendant, il existe des astuces quotidiennes pour soulager les migraineux qui, en France, représentent 17 à 20 % de la population. Décryptage avec trois experts.

    1. Bientôt une injection « miracle »

    Lui-même se dit surpris par le taux de « super-réponse », comprendre d’amélioration, observé chez la centaine de ses patients qui l’ont testé. Un nouveau traitement de fond (différent des traitements de crise) contre la migraine sévère vient d’obtenir une autorisation de mise sur le marché, mesure préalable à sa commercialisation.

    Cette injection (Aimovig, de Novartis), dont l’action dure un mois, bloque - spécifiquement - le récepteur responsable de l’inflammation des cellules. « C’est une vraie nouveauté, indique le docteur Michel Lantéri-Minet, neurologue et chef du département de la douleur au CHU de Nice, car nous n’avons pas actuellement de médicament conçu pour la migraine. Nous utilisons certains antihypertenseurs, antiépileptiques, antidépresseurs. Les patients ont du mal à adhérer à cette idée, certains sortent de la filière de soin. Les effets indésirables, prise de poids, envie de dormir, sont un frein. »

    Les nouveaux anticorps qui agissent sur la survenue de la migraine permettraient, eux, de s’affranchir de ces effets. Reste à mener les négociations de son prix et de son remboursement… Aux États-Unis, l’injection coûte 550 $ (!) mais le développement de produits similaires par d’autres laboratoires promet déjà une baisse des coûts.

     

    2. Testez la relaxation

    S’imaginer que sa migraine est une boule de feu et travailler à en diminuer sa taille, sa localisation, son intensité… Parce que les médecins sont unanimes sur l’utilisation avec « parcimonie » des médicaments, les techniques de relaxation, de sophrologie, d’hypnose se développent et font leur preuve.

    « Nous ne sommes pas des Fée clochette qui soignent la maladie. Il s’agit d’apprendre au patient à demander à son cerveau de faire abstraction du signal neuronal qu’est la douleur. Et ainsi de prévenir certaines crises », explique Victoria Herrmani, psychologue et hypnothérapeute à Rouen. Pour « reprendre le contrôle », un recentrage sur des images et sur le temps que l’on s’accorde est au cœur des séances.

    Il est aussi possible de faire des exercices quotidiens, chez soi. « Quelques minutes, comme un brossage de dents », motive Victoria Herrmani. Parmi eux, « la cohérence cardiaque », une respiration rythmée. Bien droit, jambes décroisées, inspirer quelques secondes avec la bouche, puis expirer plus lentement (2 à 3 secondes de plus). Tout simplement. « L’expiration lente, décrypte-t-elle, libère les hormones de l’apaisement et de la détente. »

     

    3. Prévenir les crises… mais pas trop

    Certains de ses patients lui amènent en consultation des tableaux Excel remplis de données sur leur rythme de vie, sur la météo… « Le problème, explique le Dr Lantéri-Minet est que les crises de migraines sont déclenchées par certains facteurs - trop de joie ou de stress, de chaleur ou de froid, de surmenage ou de relâche, d’excès ou de saut de repas… De ce fait, entre les crises, les malades se focalisent pour éviter la suivante. Ils sortent moins, sont dans l’angoisse. Résultat : leur qualité de vie est dégradée, voire devient un enfer… lui-même susceptible de déclencheur des crises ! »

    Si pour le spécialiste, adopter une « attitude hygiéno-diététique préventive » est une bonne chose, pas question de s’épuiser à traquer chaque signe.

     

    4. Non à l’alcool, oui au chocolat

    Le professeur Daniel Annequin, médecin de la douleur à l’hôpital parisien Armand-Trousseau n’est pas le chantre de la restriction et rappelle qu’il n’y a « pas de données prouvant qu’un régime sans gluten, sans lactose ou autre sans… permet d’éviter les crises ».

    En revanche, l’alcool fait véritablement trinquer la migraine. Et pour cause, il exerce un effet vasodilatateur qui en enclenche le mécanisme. « De même, rajoute Lantéri-Minet, le tanin du vin produit certaines substances (NDLR : sérotonine) qui la déclenchent sur le plan chimique. »

    Pour se consoler, reste le chocolat… médicalement réhabilité : « Il semblerait qu’il a été accusé à tort de favoriser les crises, concède le docteur. Des études anglaises avec injection de solution chocolatée par sonde gastrique, ont montré que cela ne changeait rien. »

     

    5. Plus de sport, moins de mal

    Les migraineux ont tendance à réduire, voire à faire une croix sur l’activité physique. Certes, soulève le Pr Annequin, « le sport intense est un facteur déclenchant », mais l’effort modéré et adapté remporte le match contre la fréquence des crises.

    Le Dr Lantéri-Minet penche ainsi pour les activités d’endurance, course à pied, natation, randonnée… Et en profite pour livrer un plaidoyer pour une meilleure mise en place du Sport sur ordonnance.

    Source : leparisien.fr

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