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    Santé

    Lutter contre l’obésité permet de réduire le nombre de cancers

    25 mars 2019 20:00

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    Un article publié récemment dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet Public Health fait état d’une augmentation alarmante des taux de cancers chez les jeunes adultes américains, sur la période s’étendant de 1995 à 2014.

    Cette augmentation touche particulièrement les jeunes de 25 à 29 ans et concerne principalement des cancers dont on sait qu’ils sont liés à l’obésité : cancer du rein, du pancréas, de la vésicule biliaire, de la muqueuse de l’utérus et du côlon-rectum. Les auteurs de ces travaux établissent un lien entre ces observations et l’aggravation de la surcharge pondérale (surpoids et obésité) aux États-Unis au cours des dernières décennies.

    Que sait-on aujourd’hui des liens entre surcharge pondérale et cancers ? Quels sont les leviers permettant d’agir pour éviter une augmentation de ces derniers dans les décennies à venir ?

    Surpoids et obésité en augmentation

    On considère qu’il existe une surcharge pondérale lorsque l’indice de masse corporelle (ou IMC, qui correspond au poids, en kg, divisé par la taille, en m, au carré) est supérieur ou égal à 25 kg/m2. Lorsque l’IMC est supérieur ou égal à 30 kg/m2, on parle d’obésité.

    D’après l’étude nationale américaine de surveillance en santé et nutrition (NHANES), entre 1980 et 2016 la prévalence de la surcharge pondérale a été multipliée par un facteur de 2,5 chez les enfants et adolescents âgés de 2 à 19 ans. Sur la même tranche d’âge, la prévalence de l’obésité a été multipliée par 3,5. Chez les adultes âgés de 20 à 74 ans, la prévalence de la surcharge pondérale a augmenté de 63 %, celle de l’obésité a été multipliée par 2. Conséquences : en 2016, 18,5 % des enfants et 39,8 % des adultes américains étaient obèses. Au total dans le monde, pour cette même année, ce sont 340 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans et plus de 1,9 milliard d’adultes qui sont en surpoids ou obèses, selon l’Organisation mondiale de la santé.

    Depuis plus de 25 ans, le World Cancer Research Fund (WCRF) et l’American Institute for Cancer Research (AICR) évaluent les niveaux de preuve des relations entre les facteurs nutritionnels et le risque de cancers. Le 3e rapport d’expertise collective WCRF/AICR, publié en 2018, fournit un état des connaissances actualisé. Il conclut que la surcharge pondérale augmente le risque de 15 cancers.

    En 2015, l’expertise collective réalisée par un groupe de travail coordonné par l’Institut national du cancer, constitué d’experts du réseau NACRe, a également établi un niveau de preuve probable pour les cancers hématologiques (lymphomes, leucémies, myélome multiple). Ces résultats ont été confirmé par une méta-analyse récente.

    Par ailleurs, en 2016 un rapport du Centre international de recherche sur le cancer avait conclu que l’absence de surcharge pondérale était associée à la diminution de divers cancers. Aux cancers cités précédemment s’ajoutent le myélome multiple, le cancer de la thyroïde et le méningiome.

    Nous avons aussi pu montrer que l’obésité au diagnostic d’un cancer du sein est associée à une augmentation du risque de seconds cancers du sein, de l’endomètre et du côlon-rectum.

    Prévenir et réduire le surpoids et l’obésité, c’est possible

    Comme toutes les maladies chroniques, l’obésité a des causes multifactorielles. Certains facteurs de risque ne sont pas modifiables. C’est le cas des prédispositions génétiques impliquées dans la prise de poids ou du statut hormonal. D’autres déterminants, en revanches, sont modifiables. La plupart d’entre eux sont liés à l’évolution de nos modes de vie et à un déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques.

    D’après le rapport WCRF/AICR 2018, le risque de prise de poids et de surcharge pondérale est augmenté par le temps d’écran, les boissons sucrées, une alimentation dense en énergie (de type fast-food ou occidentale). Il est diminué par l’activité physique (marche, endurance), par une alimentation riche en fibres ou de type méditerranéen, et par le fait d’avoir été allaité. Autant de facteurs sur lesquels il est possible d’agir !

    Depuis peu, les médecins peuvent prescrire l’exercice physique aux patients. Cet outil peut s’avérer utile pour la prévention des cancers.

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