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  • Paracétamol : Un médicament courant mais dangereux

    Paracétamol

    Paracétamol : Un médicament courant mais dangereux

    16 juil. 2018 20:00

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     «Le paracétamol, c’est la meilleure et la pire des choses. C’est un médicament anodin, très bien toléré dans 99,999% des cas mais qui devient une arme extrêmement dangereuse quand il est utilisé en dehors des clous», explique le pharmacologue François Chast.

    «C’est comme un couteau de cuisine: c’est un outil efficace et sans danger quand on le tient par le manche, mais si on est maladroit, on peut se couper», ajoute-t-il.

    Doliprane, Dafalgan, Efferalgan... De nombreux médicaments à base de paracétamol sont vendus sans ordonnance et couramment utilisés contre les douleurs et les fièvres. Mais à doses trop élevées, cette substance peut s’attaquer au foie.

    La mort de Naomi Musenga, le 29 décembre à 22 ans après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu de Strasbourg en France, est «la conséquence d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours», a indiqué mercredi la procureur de cette ville, Yolande Renzi.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), «une dose unique de 10 à 15 grammes suffit à provoquer une nécrose hépatique pouvant être mortelle». C’est pourquoi le paracétamol est souvent utilisé dans les suicides. La dose maximale est 3 grammes par 24 heures, en espaçant les prises.

    «Quand on prend 4 grammes par jour pendant plusieurs jours, en particulier si on consomme de l’alcool en même temps, c’est de nature à provoquer une hépatite médicamenteuse dite fulminante, c’est-à-dire radicale rapidement», souligne le Pr Chast.

    Il s’agit d’une urgence, qui nécessite l’administration d’une molécule appelée N-acétylcystéine. Faute de traitement rapide, cette affection du foie peut être fatale.

    Une surdose de paracétamol provoque d’abord des «signes discrets d’irritation gastro-intestinale», selon l’OMS.

    Ils «sont généralement suivis deux jours plus tard d’anorexie, de nausées, de malaise, de douleurs abdominales, puis de signes progressifs d’insuffisance hépatique et, finalement, de coma hépatique».

    «Chaque année en France, près d’une centaine de transplantations hépatiques (sur environ 1.200 au total, ndlr) sont liées à une intoxication au paracétamol», déplore le Pr Chast. «C’est une proportion considérable, tout ça pour un mésusage d’un médicament réputé anodin».

    Et même si on est vigilant, on peut parfois dépasser la dose maximale sans le savoir.

    «Il existe 200 médicaments qui contiennent du paracétamol, je suis spécialiste des médicaments depuis 50 ans et je suis incapable de tous les citer», dit le professeur Jean-Paul Giroud.

    «Si vous en prenez deux, par exemple l’un prescrit par un médecin et l’autre en automédication, vous pouvez vous retrouver à des doses supérieures à 4 grammes par jour», poursuit-il.

    Le professeur Giroud plaide pour une meilleure information du grand public sur les dangers potentiels du paracétamol: «Il y a un problème d’information pour lequel je me bats depuis 40 ans, mais on ne peut pas dire que les pouvoirs publics s’en saisissent. C’est à eux d’insister là-dessus».

    Source : liberation-champagne.fr

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