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    Société

    Féminicide : le décompte macabre …

    08 janv. 2021 06:30

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    Bien avant la campagne MeToo, il y eut en décembre 2012 un vaste mouvement de protestation juste après le viol collectif, dans un autobus à New Delhi, d’une étudiante en kinésithérapie de 23 ans, Jyoti Singh, qui était en compagnie d’un ami. La jeune femme allait succomber à ses blessures deux semaines après les faits. Ses six agresseurs furent très rapidement arrêtés.

    Le 10 janvier 2013, l’un des avocats des accusés, Manohar Lal Sharma, déclare que les victimes étaient elles-mêmes responsables de l’agression parce qu’elles n’auraient pas dû utiliser les transports publics et que, en tant que couple non marié, elles n’auraient pas dû se trouver dans des lieux publics la nuit. Il estime également que le compagnon de la jeune femme était « entièrement responsable » du crime car « il a manqué à son devoir de la protéger ».

    Il ne faudra pas essayer de trouver dans le discours de cet homme de loi une quelconque logique découlant d’un manque d’argumentation : c’est le genre de raisonnement encore très profondément ancré dans beaucoup de sociétés.

    Dont Maurice.

    Quelques heures à peine après l’arrivée de la nouvelle année, une femme a été tuée à Petite-Rivière. La faute d’Annick Lafleur, poignardée par son ex-compagnon, c’est d’avoir quitté ce dernier. L’homme dit l’avoir tuée par jalousie. Comme si cette incapacité à gérer ses émotions pouvait justifier la violence à l’égard d’une femme.

    Nous ne disposons pas encore des statistiques concernant les cas de violences faites aux femmes durant l’année écoulée. En 2019, en l’espace de cinq mois, huit femmes sont tuées par leurs conjoints ou ex-compagnons… « Il faut qu’on cesse de banaliser la violence domestique », avait lancé Catherine Prosper de Linion fam, lors d’un événement tenu le 25 novembre 2019 à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

    Cette banalisation repose sur le genre de discours tenu par l’avocat Manohar Lal Sharma. Mais aussi sur la violence ordinaire faite aux femmes sur les lieux de travail, sur les réseaux sociaux ou en public avec le harcèlement de rue. Qui est devenu tellement banal, mais sur lequel fleurit la violence à l’égard des femmes…

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