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    Premier League : Jusqu’à quand tiendra Mourinho?

    27 août 2018 20:00

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    On ne l’avait pas vu venir, le coup du match presque décisif… dès la troisième journée de Premier League. Manchester United reçoit Tottenham à Old Trafford  de lundi soir, avec le sentiment de devoir quasiment "sauver sa peau". Ou plutôt celle de son entraîneur, qui n’avait même pas besoin de cette piteuse défaite à Brighton dimanche dernier (3-2) pour se sentir sur un siège éjectable.

    José Mourinho fait du bougon. C’est devenu habituel depuis sa prise de mandat chez les Red Devils. Mais la gravité de la situation est cette fois d’un autre ordre. Ses phrases assassines devant la presse n’en sont que le triste reflet. "Vous devez être fantastique dans votre travail pour avoir la capacité de juger l’alchimie ou non entre les joueurs", a lâché le Portugais à une journaliste anglaise après la rencontre, pour une phrase que certains journaux outre-Manche jugent à la limite du sexisme. Mais son dédain affiché en conférence de presse, presque risible il y a encore quelques semaines, commence à causer l’indigestion des médias autant que des supporters.

    " Vous (les médias) et vos collègues avez été très critiques envers moi, alors que les saisons précédentes, j’étais sans doute trop honnête et ouvert dans mes analyses, dans l’analyse des performances de mes joueurs. Ne me demandez pas de faire ce que vous critiquez tant. N’attendez pas que je sois heureux et que je dise, comme après Leicester, quA, B ou C a livré une incroyable performance quand je ne peux pas le faire." Avec un air désabusé… au bord de la déprime.

    Encore une fois, c’est habituel. Mais cela ne passe plus. Le contexte a changé. L’an dernier, tandis que le voisin et éternel rival City empilait les records pour conquérir un flamboyant titre de champions d’Angleterre et surtout les cœurs avec un jeu remarquable, Manchester United restait sur une saison blanche, indigne de son rang et de son statut d’antan. Et résumer les mauvais résultats à des faillites individuelles comme il en a pris l'habitude semble désormais ridicule.

    José Mourinho aura passé sa fin de semaine à parler du "manque d’élégance" de Manchester City et de son vieil ennemi Pep Guardiola mais plus personne n’est dupe concernant ses tentatives de détournement d’attention. Il était pourtant devenu presque attendrissant cet été, à force de pleurer sur le triste sort que lui réservait sa direction, qui n’a cette fois pas voulu céder à tous ses caprices et se sera donc gardé de claquer plus de 80 millions d’euros sur Harry Maguire ou près de 60 millions sur Toby Alderweireld, ayant couvert le besoin le plus urgent en arrachant Fred, dans le viseur des Cityzens.

    Sauf que le groupe à sa disposition, le technicien portugais l’a forgé, à coups de millions d’euros. En témoignent le retour de Paul Pogba en 2016 avec le statut de joueur le plus cher de l’histoire (battu depuis), l’arrivée de Romelu Lukaku l’été dernier pour 85 millions d’euros, les recrutements de Zlatan Ibrahimovic, Henrikh Mkhitaryan, Eric Bailly il y a deux ans, Nemanja Matic, Victor Lindelof, Alexis Sanchez la saison passée… pour des sommes importantes, en guise d’indemnités de transferts ou de salaires. Peanuts? Pensez-vous… il n’y a guère que City qui peut se targuer d’avoir fait mieux en deux saisons, Liverpool ayant bien rattrapé son retard l’hiver dernier et cet été. Ce sont ses choix et ils furent finalement mauvais.

    "Il n’y a pas d’excuse, estime l’ancien joueur du club Gary Neville sur Sky Sports. Le back-four a coûté plus de 130 millions d’euros. Et vous avez probablement le meilleur gardien du monde donc concernant les cinq joueurs de derrière, on peut dire qu’il y a eu un sérieux investissement. Mais ils ne sont pas assez bons, individuellement et collectivement." En estimant que de nouvelles dépenses sont nécessaires pour compenser les erreurs de recrutements "manifestes" de l’ère post-Ferguson.

    Son palmarès mancunien? Un flop

    Manchester United est désormais dépassé dans la hiérarchie par le Manchester City de Pep Guardiola, qui offre ce qui appartenait jadis à Alex Ferguson et ses Red Devils: du jeu, du spectacle, les meilleurs joueurs du championnat mais un collectif remarquable. Et des titres. Manchester United sous José Mourinho, c’est une coupe d’Europe mais qui paraît dérisoire pour le club (Ligue Europa en 2017), une coupe d’Angleterre mais pas la plus prestigieuse (la League Cup en 2017) et un modeste Community Shield. Pas de Ligue des champions – élimination en huitième de finale par… le terrifiant Séville la saison dernière – pas de FA Cup et surtout pas de Premier League, avec le record de points de retard du deuxième sur le premier la saison passée (-19 points). Si un autre club s’en contenterait aisément, chez les Red Devils, on appelle ça un flop.

    Le public exige du spectacle

    City rit, United pleure. Et Alex Ferguson aussi. Lui qui avait tenté de convaincre Pep Guardiola de venir en 2013, quelques mois avant l’annonce de sa retraite, se retrouve désormais à "contempler" un boring Manchester, lui qui appelait José Mourinho à ne pas oublier le public. "La contre-attaque est devenu plus proéminente dans le foot d’aujourd’hui, expliquait l’Ecossais en mai 2017 sur le site de l’UEFA. L’état des pelouses est également superbe et la protection des joueurs est plus grande. Tout cela s’additionne et cela fait que vous voyez un bien meilleur spectacle. Je pense que vous avez la mission et la responsabilité de divertir. Il faut toujours se souvenir qu’il y a un public à divertir. A mon époque à United, c’était ça tant que l’on gagnait. Si c’était 4-3 ou 5-4, OK. Mon dernier match au club a donné 5-5 (à WBA en 2013, ndlr). Je n’aurais pas pu demander un meilleur score pour ma dernière à United." Résumons: on s'ennuie à mourir avec Mourinho...

    Le symbole Pogba

    Le cas symptomatique étant Paul Pogba, auteur d’une bonne prestation post-titre de champion du monde lors de la première journée de Premier League et la difficile victoire face à Leicester (2-1), à côté de ses pompes et énervé dimanche. Le milieu de terrain français, que son très médiatique agent tente de placer au Barça depuis des semaines, aura animé les colonnes des pages consacrées à Manchester United toute la saison dernière. Mais alors que le débat concernant son meilleur positionnement semblait enfin tranché, c’est sa relation fraîche voire glaciale avec José Mourinho qui refait surface.

    "On a perdu et on ne méritait pas de gagner, estimait le joueur sur Sky Sports après la défaite, comme pour assumer les responsabilités de cette faillite globale. L’attitude que nous avons eue ne donnait pas l’impression que nous voulions les battre. Ils avaient plus faim que nous. Je me mets en première ligne, mon attitude n’était pas suffisamment bonne. On a continué d’essayer, de pousser. Ce sera une leçon à retenir."

     

    Pour quand? Une défaite sur un score fleuve lundi contre les Spurs pourrait être dévastatrice. Avant même le début de la saison, José Mourinho était le deuxième favori des bookmakers pour se faire limoger en premier cette saison derrière Claude Puel. Les exigences ne sont pas les mêmes pour les deux entraîneurs. Les effectifs non plus. The Special One frôle aujourd’hui le statut de "loser one". La porte n’est plus si loin…

    Source : rmcsport.bfmtv.com

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