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    Les agences spatiales se préparent à l'impact d'un astéroïde

    30 avril 2019 20:00

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    Afin de se préparer au mieux à l'impact d'un astéroïde contre la surface de la Terre, les agences spatiales américaines et européennes, la Fema et le Bureau de coordination de défense planétaire se préparent à cette éventualité. S'appuyant sur un plan d'action américain qui détaille les règles à suivre et les scénarios d'évitement et d'atténuation des risques, un exercice d'anticipation s'apprête à débuter. Il vise à vérifier le comportement de la chaîne de commandement et les relations entre chaque participant.

    Bien que les chances que la Terre soit percutée par un objet soient très faibles, voire inexistantes pendant ce siècle, elles ne sont statistiquement pas nulles. C'est pourquoi, l'impact d’un astéroïde contre la planète est un des scénarios auxquels les agences spatiales et les pouvoirs publics se préparent. Aux États-Unis, il existe un plan qui décrit les actions à réaliser et les procédures à suivre si un astéroïde était découvert avec des chances élevées de s'écraser contre la Terre.

    C'est dans ce contexte que plusieurs entités, dont la Nasa, la Fema (l'Agence américaine des situations d'urgence), le Bureau de coordination de défense planétaire et l'Agence spatiale européenne (ESA) s'apprêtent à débuter un exercice d'anticipation d'impact d'un astéroïde. Cet exercice vise à vérifier les niveaux de préparation des participants à ce type de catastrophe naturelle.

    Les participants réagiront à un scénario fictif d'impact d'objet proche de la Terre. Au cours de l'exercice, ils seront informés de la découverte d'un astéroïde fictif avec une chance sur 100 - ce qui est le seuil de déclenchement d'une action internationale - d'un impact sur la Terre en 2027. Cet exercice débutera la semaine prochaine et durera cinq jours (du 29 avril au 3 mai). Il sera réalisé pendant la Conférence dédiée à la défense planétaire.

    Chaque jour, les responsables du scénario concluront la journée avec un état d'avancement de l'exercice et celui-ci sera mis à jour le lendemain en tenant compte des commentaires et des actions menées par les participants. L'enjeu est surtout de jauger la réaction des parties prenantes et leur capacité d'adaptation face à l'évolution de l'exercice.

    Les participants discuteront notamment des scénarios d’évitement (missions spatiales) et de la planification de l'atténuation des effets d'un impact potentiel pour sauver des vies humaines. Pour cela, plusieurs paramètres seront suivis et pour chacun d'entre eux quelles seront les actions à mener :

    L'impact d'un astéroïde représente-t-il une menace réelle ? Oui, estiment les scientifiques. Peut-on faire quelque chose ? Oui, assurent les agences spatiales, qui étudient sérieusement la question. L'Esa termine dans quelques jours une série de rencontres sur ce sujet.

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    Des ateliers d'étude ont récemment été organisés en vue de fournir un rapport au Comité des utilisations pacifiques de l'espace extra-atmosphérique de l'ONU. Le 29 octobre, l'Esa achèvera sa série d'ateliers « axés sur les plans et les recommandations concernant la coordination mondiale et la conduite à tenir au cas où l'on découvrirait qu'un astéroïde ou un autre objet céleste risque d'entrer en collision avec la Terre », indique Detlef Koschny, coordinateur des ateliers.

    Rusty Schweickart, astronaute de la mission Apollo 9, s'est fait porte-parole d'un groupe international qui veut convaincre de la nécessité de se préparer à un risque potentiel. Selon lui, « il faut que la Terre soit en mesure de se défendre lorsqu'une telle menace deviendra réalité ». Cet ancien astronaute de la Nasa insiste sur le fait que la découverte d'un astéroïde fonçant sur nous devra être faite suffisamment tôt : « 10 ans seraient suffisants pour mettre sur pied une mission spatiale pour nous sauver ». Il ne faudra alors pas tergiverser et lancer « un satellite, voire deux, avec pour mission de le dévier de sa trajectoire ». Si de nombreuses solutions sont à l'étude, les deux seules options en ligne avec nos capacités technologiques sont la déviation et le remorquage gravitationnel, lequel reste la préférence.

    Mission sauvetage : remorquage gravitationnel et déviation par impact

    Le remorquage gravitationnel consiste à envoyer un engin spatial vers un astéroïde qui se placerait en vol stationnaire au-dessus de lui, tout en utilisant la force gravitationnelle pour le treuiller et le dévier de sa course. La faisabilité n'a pas encore été démontrée mais la technologie nécessaire pourrait être rapidement maîtrisée. L'Agence spatiale européenne garde en projet la mission Don Quichotte, visant à envoyer deux satellites autour d'un astéroïde pour tester quelques technologies clés de déviation de trajectoire. Ce projet audacieux est pour l'instant en stand-by.

    Quant à la déviation par impact, elle a été démontrée, d'une certaine façon, avec la mission américaine Deep Impact en 2005, en lançant un objet contre la surface de la comète Tempel-1. L'objectif n'était pas de modifier sa trajectoire mais de creuser un cratère afin d'observer la surface mise à nue et les éjectas qui s'en sont suivis, l'impacteur étant beaucoup trop petit pour perturber l'orbite de la comète. La mission a cependant pu démontrer que la déviation par impact était théoriquement possible.

    La surveillance mondiale, une nécessité pour notre sécurité

    Pourtant, la technologie ne peut pas tout régler. Les dix années de préparation représentent une sorte de barrière de sécurité qu'il serait bien hasardeux de franchir. Aujourd'hui, il serait illusoire de penser pouvoir modifier la trajectoire d'un astéroïde détecté moins d'un an avant son impact. D'où la nécessité de se doter d'un réseau mondial de surveillance de la totalité du ciel. Ce réseau permettrait d'obtenir les coordonnées et les principales caractéristiques de l'ensemble de la population d'objets circulant dans l'environnement de la Terre.

    Mais une telle infrastructure a un coût estimé à plusieurs millions de dollars par an. Or, la situation économique et le désendettement à marche forcée des états occidentaux laissent peu de place à des investissements pour les générations suivantes et aux retombées économiques à court terme proche de zéro.

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