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    L'Europe se lance à la conquête de la Lune

    22 janv. 2019 23:00

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    Tout un symbole. C'est le jour d'une éclipse totale de la Lune, lundi 21 janvier aux aurores, que l'Europe a annoncé son intention de lancer une mission lunaire, en propre. Certes, bien après les États-Unis qui fêteront en juillet 2019 le cinquantenaire de la mission Apollo 11 et du premier homme sur la Lune. Mais avec l'ambition de participer à la nouvelle ruée sur le satellite de la Terre et d'afficher sa volonté d'agir de façon souveraine en matière d'exploitation et d'exploration spatiales.

    Première étape de ce grand projet, le lancement d'une étude de faisabilité, dotée d'un budget de 1 million d'euros. Elle a été confiée à ArianeGroup, le constructeur de la fusée européenne Ariane, par l'Agence spatiale européenne (ESA). L'industriel travaillera dans le cadre d'un «consortium innovant» aux côtés de PT Scientists, une start-up allemande, qui planchera sur le futur alunisseur, et de Space Applications Services, une PME belge chargée du segment sol, des systèmes de communication et des services annexes.

    «L'industrie doit relever un défi technologique avec des solutions de transport logistique et d'exploitation du sol lunaire. Et elle doit relever un défi commercial car c'est un service que nous souhaitons acheter»

    ArianeGroup devra proposer une solution de transport. «Nous avons le lanceur pour aller sur la Lune, c'est Ariane 6, et précisément la version 64, qui est capable d'emmener 8,5 tonnes en orbite cis lunaire (l'espace autour de la Terre jusqu'à l'orbite lunaire, NDLR). Il nous faudra adapter la partie haute d'Ariane 6 à la mission et au largage du petit robot lunaire», précise André-Hubert Roussel, président exécutif d'ArianeGroup. La décision de faire décoller cette première mission robotique européenne devrait être prise en 2022 dans la perspective d'un départ avant 2025.

    ArianeGroup et ses partenaires doivent remettre leurs conclusions dans un an. «L'ESA ne construira pas le vaisseau spatial mais souhaite acheter des billets pour la Lune. L'industrie doit relever un défi technologique avec des solutions de transport logistique et d'exploitation du sol lunaire. Et elle doit relever un défi commercial car c'est un service que nous souhaitons acheter», explique David Parker, directeur de l'Exploration robotique et humaine à l'ESA.

    Envoyer des astronautes européens

    «L'étude doit dire dans quelles conditions l'exploitation des ressources du sol lunaire pourrait servir à approvisionner en eau, oxygène, carburant, etc. des missions d'exploration spatiale d'autres planètes. Ce qui éviterait de transporter ces ressources depuis la Terre et réduirait les coûts», poursuit David Parker. Transporter un kilo entre la Terre et la Station spatiale internationale (ISS), située à 400 km d'altitude en orbite basse, coûte entre 250 et 300 euros.

    La fusée Ariane 6, en cours de développement par ArianeGroup.

    La prochaine étape sera d'envoyer des astronautes européens sur la Lune - à bord d'une Ariane 6 qui «saura s'adapter» -, afin d'explorer et d'exploiter la surface sur de longues périodes. À cet effet, un village lunaire - idée promue depuis des années par Jan Woerner, directeur général de l'ESA - serait construit afin de maintenir une présence humaine permanente.

    2019 est une année cruciale pour l'Europe qui devra décider si elle veut être un acteur crédible et souverain en matière spatiale dans les décennies à venir. Certes, l'Europe est engagée dans l'aventure lunaire, et demain martienne, via des coopérations. L'ESA participera à la construction, à partir de 2019, du Lunar Orbital Platform-Gateway, une station spatiale en orbite autour de la Lune, imaginée par la Nasa. L'Europe a livré, fin 2018, Orion, le module de service des capsules habitées de la Nasa. Mais l'Europe doit exister de façon autonome dans l'espace dont l'exploitation, la surveillance, la protection et l'exploration sont (et seront) cruciales pour son économie mais aussi la sécurité et l'avenir de ses citoyens.

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