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    Recherche : Sue Potter, la femme devenue le premier cadavre numérique

    26 déc. 2018 20:00

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    Mère de deux enfants, Sue est décédée en 2015, à l’âge de 87 ans, d’une pneumonie.  Son corps a été congelé à titre posthume et rapidement séparé en 27 000 fins morceaux minutieusement préservés pendant trois ans. Les morceaux ont enfin été numérisés et serviront de base d’étude pour les étudiants.

    L’histoire de Sue Potter

    Sue, de son vrai nom Susan Christina Witschel, est née et a grandi dans l’Allemagne nazie avec ses grands-parents, ses parents l’ayant abandonnée pour déménager à New York. Chose qu’elle ne leur a jamais pardonnée, a-t-elle confié à la chaine National Geographic.

    Après la Seconde Guerre mondiale, elle a elle-même quitté l’Allemagne pour New York, où elle a épousé en 1956 son mari Harry Potter (!), un comptable, avec qui elle a eu deux filles. Lorsque Harry a pris sa retraite, la famille a déménagé au Colorado.

    Après cela on ne sait plus grand-chose de ce qui s’est passé dans la famille. Tout ce qu’on sait c’est qu’en 2000, à l’âge de 73 ans, Sue vivait toute seule avec une santé plus que fragile. Elle avait eu un mélanome, était atteinte de diabète, et avait été touchée par un cancer du sein. Et tout cela lui avait valu diverses interventions chirurgicales. En 2000 lorsqu’on la découvre, elle pensait qu’il ne lui restait qu’un an à vivre. C’est cette même année qu’elle est tombée par hasard sur un article qui parlait du Human Simulation Project de l’Université du Colorado et de son projet novateur, « Visible Human ».

    Le choix d’offrir son corps à la science

    Au moment où Sue l’a découvert, le projet Visible Human, fondé par les National Institutes of Health (NIH) aux USA, avait déjà embaumé et gelé les corps d’un homme (Joseph Paul Jernigan, un condamné à mort âgé de 39 ans, en 1993) et d’une femme (âgée de 59 ans, morte d’une maladie cardiaque au Maryland, en 1994). Les deux corps avaient ensuite été découpés et numérisés dans le but d’être utilisés dans la formation des étudiants en médecine.

    Sue a décidé, de son vivant, d’être la troisième : ce qui en fait la première personne vivante à proposer son corps comme « cadavre numérique ».

    Lorsque Sue en a fait la demande auprès du Dr Vic Spitzer, le directeur du projet Visible Human, celui-ci a d’abord rejeté sa proposition, considérant le cas de la vieille dame comme trop compliqué. En effet, le Dr Spitzer travaillait sur des corps plutôt « bien préservés », tandis que Sue avait subi diverses interventions chirurgicales, elle avait été touchée par un cancer du sein et elle était atteinte de diabète. Elle réussit finalement à le convaincre, mais à la condition qu’elle enregistre le reste de sa vie.

    L’enregistrement du reste de la vie de Sue Potter a été confié à National Geographic. Mais alors qu’ils pensaient tous que Sue n’avait plus qu’un an à vivre, à la surprise générale la vieille dame vécut 15 années supplémentaires. Ce qui fait de son cas, l’un des plus longs récits jamais documentés d’un patient impliqué dans une recherche.

    La numérisation du corps de Sue Potter

    À la mort de Sue, son corps a été séparé en 27 000 petits morceaux, soit bien plus que les 2 000 morceaux du premier patient en 1993. Et alors que la première fois le processus avait pris quatre mois pour être bouclé, le cas de Sue n’a nécessité que 60 jours, grâce à de nouvelles technologies. Après cette étape, les scientifiques ont ensuite procédé au long et laborieux processus de définition des différentes structures (organes, tissus, vaisseaux) sur chaque partie du corps numérisé de Sue. Un travail qui leur a pris environ trois ans.

    Le processus étant maintenant terminé, le récit de 15 ans de Sue Potter sera publié dans le numéro de janvier 2019 de National Geographic, intitulé « The Future Of Medicine ». Pour l’avenir, le Dr Spitzer espère que le cas de Sue n’est qu’un début : « Le but est qu’un jour vous puissiez avoir suffisamment de corps [numériques] dans votre bibliothèque pour pouvoir choisir le corps le plus logique pour simuler une pathologie ou une procédure donnée. », a-t-il déclaré.

     

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