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    L'Irak ouvre un charnier pour identifier les victimes d'un des pires crimes commis par Daech

    14 juin 2021 21:00

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    L'Irak n'en a pas fini d'être confronté à son passé douloureux. Les autorités du pays ont annoncé dimanche avoir sorti d'un charnier les restes de 123 victimes d'un des pires massacres du groupe Daech - qui a occupé un tiers de l'Irak de 2014 à 2017 - pour les comparer à des échantillons prélevés parmi des proches de disparus. Depuis des semaines, à Bagdad et ailleurs, des dizaines de familles ont donné leur sang pour tenter d'identifier les 583 corps retrouvés dans cet immense charnier près de la prison de Badouch, non loin de Mossoul dans le nord du pays.

    En 2014, des djihadistes avaient transporté 583 détenus - principalement musulmans chiites - dans des camions jusqu'à un ravin avant de les abattre. Il s'agit de l'un des pires crimes du groupe qui a été accusé de "génocide" par l'ONU. Selon l'organisation internationale, Daech a laissé plus de 200 charniers en Irak où se trouveraient jusqu'à 12 000 corps. "Des milliers de familles attendent encore de savoir ce qu'il est advenu de leur proche", affirme Najm al-Joubbouri, gouverneur de la province de Ninive, où se trouve la ville de Badouch.

    De nombreuses familles attendent des réponses

    En début de semaine, l'AFP avait rencontré à la médecine légale de Bagdad Abbas Mohammed, dont le fils Mohannad avait été arrêté en 2005 par les Américains avant d'atterrir à Badouch. "J'ai besoin d'une réponse qui m'apaise après 17 ans passés sans savoir si mon fils était vivant ou mort", avait-il alors expliqué. Le travail d'excavation avait commencé il y a trois semaines, rapporte la correspondante de RFI. 

    L'Irak reste hanté par les différents épisodes violents qui ont émaillé son histoire. En effet, le pays continue de mettre au jour des charniers du régime de Saddam Hussein depuis maintenant des années. Le processus est simple : à chaque fois, l'ADN des victimes est prélevé dans des fosses communes ou des cavités naturelles, avant d'être comparé à des prélèvements sanguins de survivants.

    Trouver des traces d'ADN sur des restes exposés aux pluies, incendies et autres combats durant des années relève de la prouesse, répètent à l'envi les spécialistes de la médecine légale. Dimanche de nouveau, à Badouch, Saleh Ahmed, de la Commission des martyrs, expliquait que "les conditions de travail sont difficiles". Au milieu d'une trentaine d'employés qui s'activaient sur le site, il a affirmé : "nous travaillons sous une chaleur écrasante" peu propice à la préservation des restes. "Il y a des corps entremêlés et des serpents et des scorpions un peu partout".

     

    (Source lci.fr)

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