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    Un an après : explosion de Beyrouth, un rapport accablant contre les autorités libanaises

    04 août 2021 21:00

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    A la veille de l’anniversaire de l’explosion tragique dans le port de la capitale libanaise, Human Rights Watch accuse les autorités d’ «homicide involontaire» dans un rapport cinglant publié mardi.

    Les autorités libanaises ne sont pas seulement coupables de négligence dans le drame du port de Beyrouth mais bien d’«homicide involontaire» et de «violation du droit à la vie», selon la terminologie du droit humanitaire international. Ce constat est fait par Human Rights Watch (HRW) dans un rapport rendu public ce mardi matin, accablant pour l’ensemble des dirigeants et officiels libanais au courant de la présence et de la dangerosité des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium qui ont explosé le 4 août 2020, ravageant la capitale libanaise.

    Le document de 127 pages intitulé «“They Killed Us from the Inside”: an Investigation into the August 4 Beirut Blast» («“Ils nous ont tués de l’intérieur” : une enquête sur l’explosion du 4 août à Beyrouth»), est le résultat d’une enquête de plusieurs mois auprès de tous les responsables. Il présente «les preuves d’agissements officiels, sur fond de corruption de longue date et de mauvaise gestion du port de la capitale libanaise, qui a permis le stockage, dans des conditions dangereuses, de nitrate d’ammonium, un composé chimique potentiellement explosif, pendant près de six ans. La déflagration provoquée par le produit chimique a été l’une des explosions non nucléaires les plus destructrices jamais enregistrées, pulvérisant le port et endommageant plus de la moitié de la ville», lit-on dans le rapport.

    S’appuyant sur des correspondances officielles et des entretiens avec de hauts responsables gouvernementaux et administratifs, HRW a documenté les multiples manquements des instances politiques et sécuritaires dans la gestion de ce stock de matières dangereuses. Et ce, depuis l’arrivée du produit au port en 2013 jusqu’à son explosion. Des dizaines de responsables gouvernementaux, douaniers et responsables de sécurité qui étaient au courant des dangers encourus, selon l’ONG, y sont identifiés. «La documentation officielle suggère clairement que certains responsables gouvernementaux ont anticipé et accepté tacitement les risques de décès posés par la présence de nitrate d’ammonium dans le port», accuse l’association.

    Entraver l’enquête et la justice

    Outre l’irresponsabilité dont ont fait preuve les officiels alertés avant l’explosion du nitrate d’ammonium, HRW dénonce le comportement des autorités libanaises depuis un an pour entraver l’enquête et la justice. Le rapport pointe «des failles procédurales et systémiques dans l’enquête nationale qui l’ont empêché de rendre justice de manière crédible. Ces failles incluent le manque d’indépendance judiciaire, l’immunité des hauts responsables politiques, le manque de respect des garanties de procès équitable et les violations de la procédure régulière».

    A l’irresponsabilité criminelle mise en avant par HRW s’est ajoutée l’inhumanité des autorités libanaises, selon le témoignage entendu lors de la présentation du rapport ce mardi matin. Paul et Tracy Najjar, parents de la petite Alexandra, 3 ans, tuée par l’explosion et morte dans les bras de sa mère dans leur appartement du quartier de Gemmayzé, n’ont reçu «aucun signe, pas le moindre mot de la part des autorités» après leur perte déchirante. Il en est de même pour toutes les familles de victimes qui n’auraient pas reçu le moindre message de condoléances ou de solidarité de leurs gouvernants.

    Source (liberation.fr)

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