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    Société

    Luttes invisibles

    24 juin 2022 07:00

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    Pour ceux qui s’interrogent sur les limites de la démocratie parlementaire telle que nous la connaissons, à Maurice comme en France, rien ne fait autant plaisir que de voir siéger dans une assemblée nationale des représentants des « luttes invisibles ».

    Il fut un temps à Maurice où siégeaient au Parlement des députés issus de la classe ouvrière ou des syndicalistes. Qui savaient exactement ce que vivent ceux qui ne possèdent que leur force de travail. Mais, en France comme à Maurice, la grosse majorité des élus sont des cadres ou appartiennent aux professions libérales. Ce qui, malheureusement, coupent certains d’entre eux, souvent obnubilés par leur carrière professionnelle et politique, de certaines tristes réalités sociales.

    La France Insoumise est parvenue à faire élire Rachel Keke, femme de chambre de profession, qui a été à l’avant-plan de la lutte des employées d’un groupe hôtelier. C’est là une avancée majeure dans le combat pour faire entendre la voix de ceux qui ont été traités de « qui-ne-sont-rien » par l’actuel président français ou de « sans-dents » par son prédécesseur.

    Nous risquons fort à Maurice de rester longtemps à la traîne avec le mépris de classe des partis politiques mainstream qui ne semblent s’intéresser qu’à perpétuer un système qui leur réussit si bien. Une situation qui se complique avec le pouvoir sans partage que s’octroie l’actuelle formation politique qui est aux affaires.

    Une professeure de droit constitutionnel à l’université Paris-I, Marie-Anne Cohendet, explique au quotidien Le Monde que le gouvernement minoritaire en France va se retrouver dans l’obligation de « réhabiliter la culture du compromis à travers des majorités élargies ». D’autant plus, ajoute-t-elle, que « la raison d’être d’un Parlement, c’est de parlementer, et un des vices majeurs de la Ve République, c’est qu’on ne parlemente pas assez, parce qu’on a trop souvent une majorité au garde-à-vous devant le chef de l’Etat ».

    A Maurice, ce qui est encore très visible, c’est l’expulsion d’élus de l’opposition à tour de bras. Et on en est encore à des rires gras quand un élu de l’opposition essaye de faire comprendre à quel point les pauvres souffrent…

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